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Délais de paiement en Europe : la crise pour tous


Chaque année, Intrum Justitia, leader européen de la gestion du poste client, interroge plusieurs milliers d’entreprises, dans 25 pays d’Europe, sur les risques d’impayés. Les informations ainsi recueillies permettent d’appréhender précisément ces risques dans chacun des pays et au niveau paneuropéen sur les particuliers, les entreprises et le service public.




Délais de paiement en Europe : la crise pour tous
Réalisée entre janvier et mars 2009, l’étude EPI (European Payment Index) porte évidemment, cette année, les stigmates de la crise. Celle-ci n’impacte pas tous les territoires étudiés avec la même violence, mais tous subissent un allongement des délais de paiement : de fait, il n’est pas un pays européen qui, en 2009, n’accuse une détérioration - plus ou moins sévère - de son risque d’impayé.

Non seulement la probabilité d’être réglé dans les délais par les particuliers, les entreprises ou le secteur public a diminué ces derniers mois, mais les entreprises estiment, pour la plupart d’entre elles, que la situation devrait encore se dégrader dans les mois à venir…70 % des entreprises interrogées redoutent en effet une augmentation des risques d’impayés pour les mois à venir alors qu’elles n’étaient « que » 30 % en 2008.

Au niveau européen, l’enquête EPI révèle que le retard de paiement (par rapport au délai contractuel) s’élève aujourd’hui à 19 jours contre 17 jours déclarés l’an passé.

Ainsi, le délai effectif de paiement des particuliers, qui s’était amélioré l’an passé par rapport à l’année précédente en passant de 42 à 40 jours, a remonté cette année à 41 jours.
Même tendance entre entreprises : les délais de règlement, de 58,6 jours en 2007, s’établissaient à 55,5 jours l’an dernier mais s’affichent à 57 jours cette année.
La « palme » revient, en 2009 encore, aux administrations dont les délais d’acquittement des factures atteignent actuellement 67 jours alors qu’ils s’étaient contractés à 65,3 jours en 2008 (68,9 jours en 2007). A titre d’exemple, si les administrations européennes réglaient leurs factures à temps, cela
équivaudrait à environ 65 milliards d’euros économisés par les entreprises.
« Ironie du sort », cependant : alors qu’il est très mauvais payeur, le secteur public est le créancier le plus respecté des entreprises qui reconnaissent régler leurs dettes à l’administration en priorité.

En corollaire de cet allongement général et massif des délais de paiement, le taux de pertes sur créances irrécouvrables 1 ne cesse d’augmenter depuis 3 ans : à 1,9 % en 2007, il atteignait les 2 % l’an passé pour grimper à 2,4 % du chiffre d’affaires des entreprises cette année, soit + 26% en 2 ans.
La situation est alarmante pour certains pays déjà considérés comme les mauvais élèves de la classe : l’Italie qui passe de 1.6% à 2.5, la Grèce de 2.2% à 3% et Chypre de 2.2% à 3%.
Plus surprenant encore : la situation des pays scandinaves. Toujours cités en exemple pour la rapidité des paiements, ils se targuaient de détenir les plus faibles taux de pertes sur créances irrécouvrables en Europe. Aujourd’hui, les temps changent : la Finlande passe de 0.6% à 1%, la Norvège de 1.3% à 2% et le Danemark de 1.2% à 2%.

Délais de paiement en Europe : la crise pour tous

(1) Pourcentage du chiffre d’affaires correspondant aux pertes constatées sur les factures qui n’ont pu être encaissées

Pour insignifiante qu’elle puisse paraître, la dégradation conjuguée des délais de paiement et des taux de pertes est éminemment nuisible au bon climat des affaires.
L’allongement des délais de paiement impacte directement les finances des entreprises : on estime à 25 milliards d’euros (au moins) la somme consacrée par les entreprises à financer les retards de paiement.
Quant aux sommes passées en pertes et profits, elles avoisineraient les 270 milliards d’euros (2.4% du PIB de d’Europe des 27).
Cela, sans compter l’énergie supplémentaire déployée par le service commercial pour contrebalancer l’impact des créances douteuses : pour compenser 10000 € passés en pertes, une société avec une marge de 5% doit réaliser 200 000 euros de vente additionnelle.

Focus France
A 146 l’an passé, le Risk Index est passé, cette année, pour la France, à 150.

Si l’on relève que le délai contractuel de paiement a bien diminué, que ce soit pour les particuliers, les entreprises ou le secteur public, on note que le délai effectif de paiement moyen s’est amélioré pour les entreprises et le secteur public (respectivement 63 et 70 jours contre 65 et 71 jours en 2008) tandis que les particuliers lâchent du lest et règlent désormais leurs dettes à 43 jours contre 40 l’an passé. Cette embellie relative portée par la réduction des délais contractuels masque en réalité une explosion des retards de paiement.
En effet, on observe que ces derniers ont augmenté de façon importante : les particuliers, qui réglaient leurs factures avec un retard de 10 jours, en moyenne, en 2008 attendent 19 jours en 2009 ; les entreprises, elles, sont passées de 16 à 18 jours de retard tandis que les services publics ne s’acquittent plus de leurs dettes qu’avec 22 jours de retard (14 l’an passé).

Une situation difficile à appréhender pour les entreprises qui savent gérer des délais longs s’ils sont prévus, mais voient leur fonctionnement perturbé par des retards de paiement. D’autant plus que le taux de perte sur créances irrécouvrables a monté encore, à un niveau jamais atteint sur les 5 années passées, à 2,1 %(1,9 % en 2008).

Dans un contexte de crise avérée, avec un taux de croissance zéro et un taux de chômage qui passe les 8 %, la France arrive en 9e position en matière de risque de paiement. Mais ses entrepreneurs sont inquiets : 65 % d’entre eux craignent que la situation empire dans les 12 mois à venir, 80 % d’entre eux imputant les retards de paiement de leurs débiteurs à leurs difficultés financières.

Outre le fait qu’ils amputent les marges des entreprises et hypothèquent lourdement leurs capacités d’investissement et de développement, les mauvais comportements de paiement se répercutent sur les prix des produits et services eux-mêmes.
Malgré ces constats navrants, les entreprises semblent toujours réticentes à recourir à des professionnels pour accélérer les paiements : 65 % d’entre elles attendent 85 jours, en moyenne, avant de faire appel à un spécialiste. Or les statistiques sont formelles : la probabilité d’obtenir un règlement de son dû au-delà de ce seuil est faible.

Délais de paiement en Europe : la crise pour tous

Pourtant, ne serait-ce pas le moment, pour elles, de revisiter leurs modes de fonctionnement dans la perspective de pérenniser leurs activités et leurs marges ?
La mise en place de la loi de modernisation de l’économie (LME) en janvier 2009 commence à porter ses fruits. A titre d’exemple, 50% des entreprises questionnées affirment avoir modifié leurs conditions générales de vente et 32% d’entres-elles observent une réduction significative des délais de paiement de leurs clients.
Il est à noter qu’en intégrant un tiers indépendant (le législateur) dans la relation client-fournisseur pour la définition des délais de paiements contractuels, cela permet définitivement d’accélérer le processus d’amélioration de ces délais.
Malheureusement, l’impact attendu sera limité par le nombre croissant de dérogations déjà accordées (6 : pour le jouet, le bricolage, l'horlogerie-bijouterie-orfèvrerie-joaillerie, les bois-matériaux-produits et services pour le bâtiment et les travaux publics, le sanitaire-chauffage-matériel électrique et enfin le secteur du livre) et celles en cours d’étude par les pouvoirs publics (39 sur les autres secteurs).

Outre les aspects législatifs, les entreprises doivent poursuivre leurs efforts de façon soutenue. Il apparaît en effet que, dans l’idéal, la prise en compte des profils clients dès la phase de prospection commerciale limiterait considérablement la prise de risque des entreprises. La mise à disposition d’une base de données orientée profitabilité permettrait déjà aux services marketing et commercial de viser l’obtention du paiement au-delà de la simple opération de vente. Le credit management, quand il s’inscrit en amont du processus de vente, offre la possibilité aux entreprises de concentrer leurs efforts sur les prospects qui seront sources de profit et les aide à identifier les marchés qui seront porteurs pour elles. Elles pourront ainsi choisir « en connaissance de cause » leurs clients en évitant ceux qui présentent une forte probabilité de retard ou de défaut de paiement.

Méthodologie
L’étude European Payment Index a été conduite dans 25 pays simultanément entre le 15 janvier et le 30 mars 2009.
Les entreprises interrogées ont répondu à un questionnaire écrit, rédigé dans leur langue. Toutes les informations collectées ont été vérifiées et toutes les réponses sujettes à caution, écartées ; de même, les dossiers renvoyés de façon anonyme n’ont pas été pris en compte.
Le panorama des entreprises sollicitées est constitué par :
- Entreprises employant - de 19 personnes : 42%
- Entreprises employant de 20 à 49 personnes : 25%
- Entreprises employant de 50 à 249 personnes : 20%
- Entreprises employant de 250 à 499 personnes : 7%
- Entreprises employant de 500 à 2499 personnes : 4%
- Entreprises employant + de 2500 personnes : 2%
41 % des entreprises relèvent du secteur des services, un quart de la manufacture ; commerce et négoce pèsent pour 15 % chacun, le solde est représenté par les services publics et l’administration. Les 25 pays étudiés sont : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, Chypre, le Danemark et les Iles Feroé, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, le Royaume-Uni et l’Ecosse, la Slovaquie, la Suède et la Suisse.

Petit lexique pour tout comprendre
- Le risque d’impayé ou risk index ou payment index
Il est mesuré en croisant les données concernant le taux de perte sur les créances irrécouvrables, les délais contractuels et effectifs de paiement, les retards de paiement, la répartition des créances (moins de 30 jours, de 31 à 90 jours, plus de 90 jours) et aussi l’appréciation du risque, la cause et les conséquences des paiements tardifs, soit 21 indicateurs au total.
Un indice de risque 100 indique qu’il n’y a aucun risque d’impayé (paiement comptant ou à la date échéance)
Mais :
De 101 à 124 : des actions préventives sont recommandées
De 125 à 149 : des actions préventives sont nécessaires
De 150 à 174 : des actions préventives sont nécessaires et la surveillance doit être accrue
> 175 : les risques sont très importants, des actions de prévention doivent être mises en oeuvre et la surveillance est indispensable.

Le délai contractuel de paiement (en jours) : période contractualisée durant laquelle doit intervenir le règlement. Sauf accord contractuel, celui-ci est censé s’établir à 30 jours dans l’UE ; au-delà, des pénalités de retards sont imputables, en théorie, au débiteur.
En France en 2009, le délai contractuel de paiement est de 24 jours pour les particuliers, 45 pour les entreprises et 48 pour le service public.
- Le délai effectif de paiement (en jours) : période durant laquelle interviennent concrètement les règlements.
En France en 2009, le délai effectif de paiement est de 43 jours pour les particuliers, 63 jours pour les entreprises et 70 jours pour les services publics.
- Le taux de pertes sur créances irrécouvrables : taux de pertes constatées sur des factures qui n’ont pu être encaissées (donné en % du CA).
- Le retard moyen de paiement (en jours) : différentiel observé entre le délai contractuel et le délai effectif de paiement. En ajoutant le retard moyen de paiement au délai contractuel de paiement, on obtient le délai effectif de paiement.
En France en 2009, le retard moyen de paiement des particuliers est de 19 jours.

Intrum Justitia France
Leader de la gestion du poste client, Intrum Justitia intervient auprès de ses clients du début à la fin de la chaîne des paiements, de l’émission de la facture jusqu’au rachat de créances en passant par le recouvrement.
Effectifs : 430 personnes
Chiffre d’affaires 2008 : 44 millions d’euros (+ 25 %)
Ventilation du CA par activités :
Credit Management B to C : 55%
Credit Management B to B : 35%
Autres services (dont rachat de créances) : 10%
Nombre de dossiers par an, en millions : 3 millions
www.intrum.fr

Intrum Justitia accompagne ses clients dans l’amélioration de leur trésorerie et dans l’optimisation de leur poste client grâce, notamment, à une connaissance pointue des comportements de paiement. Au coeur de ses préoccupations : le respect et la confiance. Le respect des droits et des devoirs de
chacune des deux parties. La confiance pour préserver et pérenniser la qualité de la relation commerciale. Avec un objectif : contribuer activement à rendre les échanges commerciaux plus simples, sûrs et justes.

Etude complète de 48 pages téléchargeable ci-dessous

epi_2009_.pdf EPI_2009 .pdf  (1.95 Mo)


Mardi 19 Mai 2009
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