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David Laufer : Le Wall Street Journal et la guerre du Mexique


David Laufer : Tandis qu’on se scandalise beaucoup trop tard sur le secret bancaire, le Mexique s’enfonce dans la guerre.




David Laufer
David Laufer
Sans établir de hiérarchie dans l’importance de ces informations, la soudaine réaction d’outrage de la Suisse à propos des attaques de l’administration américaine contre le secret bancaire est pathétique et défaitiste. Depuis des mois, la chose a été dite et redite par des régiments entiers d’analystes : c’est la guerre entre la Suisse et les USA ; l’enjeu, c’est la puissance bancaire, et le cheval de Troie, c’est le secret bancaire. Mais on y a opposé la plupart du temps une moue dubitative et pleine d’un supposé bon sens. Et on a perdu un temps précieux. C’est vrai qu’en matière de guerre, on a déjà fait plus explicite. Par exemple, ce qui se passe depuis deux ans au Mexique est beaucoup plus crédible.

Dans le conflit qui fait oppose les cartels de la drogue près de la frontière américaine, on compte plus 6'000 morts en un an. Pour rappel, c’est plus que les guerres en Irak et en Afghanistan combinées sur la même période. Et les rapports entre ces trois guerres sont en réalité plus nombreux qu’on le pense. D’abord, les trois ont les Etats-Unis comme protagoniste. Pour la guerre du Mexique, si on peut l’appeler ainsi, l’enjeu est évidemment le marché de la drogue américain, estimé par les Nations Unies à environ 140 milliards de dollars. On rappellera que les Américains consomment plus de 60% des drogues illicites dans le monde, et le pauvre Mexique a le malheur d’avoir 3'000 kilomètres de frontières terrestre avec son grand frère et d’être le passage obligé des arrivées de cocaïne et d’héroïne en provenance d’Amérique du Sud.

Le nouveau Président mexicain Felipe Calderon est vivement encouragé par Washington qui lui a offert de l’armement et de l’entraînement pour environ 400 millions de dollars. Sur les photos des zones de combat, on voit des soldats mexicains – les policiers sont complètement corrompus la plupart du temps – intégralement équipés d’armes et d’armures américaines, patrouillant les rues en Hummer. C’est là un autre rapport avec l’Irak et l’Afghanistan : on comprend très bien, visuellement, que tout conflit important ouvert aujourd’hui est équipé et donc décidé par Washington. Un troisième rapport avec ces deux autres guerres, c’est la nature résolument moderne de l’ennemi. On n’a plus affaire à des armées mais à des groupements plus ou moins organisés, liés les uns aux autres le temps d’une livraison d’armes opportune, sans aucune morale ou code d’honneur autres que ceux de l’argent et du pouvoir. Et la drogue, omniprésente, soit comme monnaie d'échange, soit comme matière première, soit enfin comme bien de consommation, tout cela très observé par des dizaines de millions de narines américaines.

La vraie menace dans tout cela ? Il semble, selon l’article très détaillé du Wall Street Journal, que le Mexique soit en train de jouer sa survie ces jours-ci. Dans des quartiers de Mexico et dans des villes entières, la police n’a plus le droit de patrouiller que deux jours par semaine. L’explosion de la criminalité et la puissance subséquente des cartels sont telles que non seulement l’état de droit mais l’Etat tout court sont directement menacés. Même si certains aux Etats-Unis voient dans cette violence une raison d’espérer qu’enfin le gouvernement mexicain, après des décennies de tolérance, fait quelque chose contre la drogue, un tel déchaînement de plomb et de feu risque d’avoir des conséquences jusqu’ici, à terme.

Parce que le Mexique n’est plus du tout un cactus sous lequel chantent des mariachis pétés à la tequila. C’est la 13e économie mondiale et le deuxième partenaire commercial des Etats-Unis. Si le Mexique s’effondre ou sombre dans une quasi guerre civile sur plusieurs années, le grand frère au Nord en sera autant affaibli. Comme les Etats-Unis sont déjà au bord du gouffre, la guerre du Mexique et les diverses rébellions gauchisantes d’Amérique Latine – au Venezuela, en Bolivie, au Brésil, au Paraguay – pourraient devenir la chiquenaude de trop. Voilà une raison de plus de ne pas attendre de la part de Washington une quelconque clémence envers qui ou quoi que ce soit, Obama ou pas. Et que le nouveau Président gringo ait avoué avoir déjà touché à la marijuana ne devrait pas le rendre plus cool pour autant.

David Laufer
Partenaire expert CFO-news

www.cfo-news.com/index.php?action=annuaire&subaction=enter&id_annuaire=17005

Mercredi 25 Février 2009
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