Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 


              

Crise des subprimes : quel impact sur l'enseignement de la finance à l'Université et dans les Grandes Ecoles ?


Face à la crise financière actuelle, les experts et chercheurs en finance s'interrogent. Et si l'on pouvait éviter une redite grâce à une formation plus adaptée de nos futurs dirigeants.




Jacky KOEHL
Jacky KOEHL
Jacky Koehl, Maître de Conférence des Universités et Professeur en finance et en stratégie d'entreprise à ICN Business School, met ici en avant le rôle qu'ont a joué les Grandes Écoles et Universités françaises. Les cours de finance doivent aujourd'hui être redéfinis à l'aune de la crise que nous traversons.

Si la crise des subprimes est loin d’être terminée, il est cependant possible d’envisager les conséquences de cette crise « systémique » sur l’appréhension des phénomènes économiques à défaut des conséquences économiques et sociales. A ce jour, nous pouvons retenir trois thèmes qui seront marqués par un avant et un après « crise des subprimes ».

Tout d’abord, cette crise révèle la fragilité des économies modernes marquées par la financiarisation. S’il ne s’agit pas d’une idée fondamentalement nouvelle, l’ampleur des conséquences de cette crise installe celle-ci dans le domaine du sens commun. Ensuite c’est la limite des innovations et des systèmes de contrôle des institutions financières et bancaires, enfin la remise en cause de la dérégulation comme pratique « moderne » d’intervention.

Cette triple rupture dans la conception de l’économie résonne dans le champ de la formation des dirigeants d’entreprise et des financiers. C’est en grande partie à l’Université et dans les grandes écoles que se forment les représentations des futurs dirigeants et il leur appartient de dégager les conséquences de cette crise dans le domaine de la formation.

Dans une première approche, trois orientations nous paraissent se dessiner, elles renforcent fortement des signaux jusqu’alors restés faibles. La première orientation porte sur la nécessité de renforcer, parallèlement à la modélisation économétrique jusqu’alors dominante, les autres formes de modélisation, en particulier la modélisation cognitive et la modélisation prospective. La deuxième orientation consiste à rompre avec une conception des faits financiers éclairés par le dogme de la finance traditionnelle. Les travaux qui émergent de la finance comportementale nous semblent de nature à permettre la conception d’outils et de pratiques foncièrement rénovés. Enfin, la troisième orientation, consiste à renforcer la dimension réflexive et critique des futurs décideurs en particulier dans une perspective éthique.

En résumé, les formations à la finance, et plus largement à la gestion des entreprises, doivent tirer les conséquences de cette crise. Celles-ci devraient orienter les formations des futurs décideurs vers des pratiques renforçant la capacité d’appréhension globale et une attitude critique, vers une conception où les outils ne suffisent pas à légitimer une pratique et vers un renforcement de la dimension « humaniste » par rapport à la dimension techniciste.

JACKY KOEHL
Jacky KOEHL est maître de conférences des Universités. Il enseigne la finance (gestion financière, évaluation et gestion de portefeuille) et la stratégie d’entreprise au sein des masters de l’Université Nancy 2 et à ICN Business School. Ses travaux de recherches et ses enseignements l’ont conduit à intervenir dans de nombreuses institutions françaises (ENA, Université Panthéon Sorbonne, etc.) ou étrangères comme professeur invité (Université de Parme, Académie des Sciences de Moscou, Mgimo de Moscou, Université Aim Sham du Caire, Académie d’Etudes Economiques de Bucarest, etc.) et ont donné lieu à de nombreuses publications. Il intervient ponctuellement auprès d’entreprises sur des questions liées à la définition et à la mise en œuvre de stratégie et dans le cadre d’un dispositif d’appui au dialogue social.

Jacky KOEHL vient par ailleurs d'être nommé chevalier de l'ordre national du Mérite (remise du Prix le 25 juin au Sénat).

Jeudi 19 Juin 2008
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs