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Cloud public, comment démêler le vrai du faux ?


Par Olivier Léal, Co-directeur de la BU Intégration d'Ysance




Rappel des pré-requis indispensables
Cloud ou pas cloud ? A cette question shakespearienne version 2012, pas facile de répondre. Dix ans après son apparition, le cloud computing ne cesse de faire parler de lui. Mais derrière ces deux mots à la popularité croissante se cachent un concept incompris, un marché hétérogène et des offres diversifiées. Difficile dans ce contexte de démêler le vrai du faux cloud public...

Avec l’émergence du phénomène, les services de cloud public se multiplient, ainsi que les confusions et les écueils. Beaucoup d’acteurs aujourd’hui marketent, sous le terme « cloud computing », des concepts techniques qui ne respectent pas les bases nécessaires à la construction d’une solution pérenne.

Mais qu’est-ce qui se cache concrètement derrière la poétique expression « d’informatique dans les nuages » ? Face à la diversité des offres - IaaS, PaaS, SaaS, – et la surenchère de promesses de certains fournisseurs, il est difficile de s’y retrouver sans se fourvoyer.

A l’heure où tout le monde se penche sur la question d’un « cloud à la française », il est bon de rappeler les principes de base qui définissent le cloud public. Scalabilité, transparence des coûts, flexibilité, sécurité, etc., voici un rappel, des minimums fondamentaux attendus d’un fournisseur avant de se jeter dans le grand bain du cloud.

Tout n’est pas cloud ! Bien que techniquement complexe à appréhender, le cloud public se définit par des caractéristiques simples et essentielles :
- Paiement à l’utilisation des ressources. C’est la clé de tout type de cloud : l’utilisation de la solution est facturée en fonction de l’utilisation du service. On ne parle pas ici d’achat de licence mais plus d’abonnement. Il est possible de trouver des systèmes d'abonnement où les crédits sont reportables en cas de non-consommation. Le mode de consommation des services est finalement assez proche de celui de la téléphonie mobile.
- Elasticité et scalabilité des données. Il est possible que le fournisseur demande à l’entreprise une estimation de la charge de consommation, mais en aucun cas les délais ne doivent être allongés si le besoin croît. Si le fournisseur réclame des délais pour commander des ressources (serveurs, disques,...) en fonction de la croissance de l’utilisation du service, c’est que son système ne respecte pas le principe d'élasticité propre au cloud computing et que par conséquent, il s’agit plutôt d’un mode locatif de type ASP (services hébergés). Autre point à respecter : la scalabilité, c'est-à-dire la capacité du système à s’adapter aux dimensions du problème qu’il a à traiter. Le mécanisme de scalabilité des ressources informatiques est par définition possible uniquement grâce au principe d’élasticité du cloud.
- Propriété et pérennité des données. Les coûts de stockage et de sauvegarde des données sont prévus dans la consommation. Le fournisseur de services doit pouvoir restituer à l’entreprise ses données sans coût, excepté les frais de travaux techniques engendrés pour la restitution. En outre, le fournisseur doit assurer la pérennité des données et s'engager sur un SLA (convention de services) et des pénalités associées en cas de non respect de ses engagements. Ce point est particulièrement essentiel en mode SaaS où l’entreprise doit veiller à rester propriétaire de ses données si elle ne veut pas devenir dépendante du fournisseur auprès duquel elle a souscrit un service de cloud.
- « Time to market » réduit. Plus besoin de se préoccuper du matériel, de l’infrastructure ou de la supervision. Le fournisseur est seul responsable de la fourniture des environnements d'exécution. Donc aucun investissement de base ni coût de maintenance est à prévoir. L’entreprise peut se concentrer sur sa vraie valeur ajoutée sans perdre de temps sur l’infrastructure et le middleware.

Au-delà des principes de base, d’autres caractéristiques viennent se greffer en fonction des différentes typologies de cloud.

Ainsi, pour le IaaS, l’utilisateur est en droit d’attendre :
- Une infrastructure autonome et décentralisée. Pour qu'une Infrastructure As A Service puisse être élastique et extensible à l'infinie, son architecture doit reposer sur un ensemble de nœuds autonomes et référencés dans un annuaire. Attention cependant à ne pas confondre cloud et virtualisation. Certains fournisseurs proposent sous le terme de cloud, des solutions de virtualisation basées sur une administration centralisée et donc incompatibles avec le principe du cloud : la décentralisation de la gestion des services.

Et pour le PaaS :
- Une architecture dédiée à l’application. Dans le cadre d'une plateforme As A service, l’entreprise fournit un package d'installation à un fournisseur de service. Ce package doit être accompagné d'un descripteur architecture permettant de réaliser l'environnement d'exécution nécessaire de l’applicatif : c'est l'infrastructure qui se construit autour de l’application du client. A noter toutefois que les développements dans le cadre d'une plateforme As A service doivent respecter le cadre d'exécution de service proposé par le fournisseur. On peut imaginer dans un futur très proche, la disparition des systèmes d'exploitation serveur au profit de runtime beaucoup plus légers et adaptés à la technologie d'un package applicatif.

Parmi leurs services, le IaaS comme le PaaS doivent également fournir une API sécurisée permettant de s'adresser à l'ensemble des services par programmation. L'ensemble des fonctions de la console d'administration mise à disposition doit pouvoir être instancié via une API de type webservices.

Disparité des offres, des usages ou des modèles d’infrastructure,… le marché du cloud computing prend des airs de conquête du Far West. Aujourd’hui, le vrai cloud vient essentiellement de sociétés de services et de logiciels - dont l’activité première n’était donc pas l’hébergement - qui comprennent la complexité technique du cloud et les attentes des utilisateurs finaux.

Le potentiel économique colossal - le marché global du cloud computing devrait passer de 40,7 à 240 millions de dollars entre 2011 et 2020, selon une étude Forrester - et le buzz médiatique ont de quoi attirer des fournisseurs peu scrupuleux. Il devient nécessaire de réguler et de « labelliser » le cloud. Et les fournisseurs français – s’ils veulent rattraper leur retard sur ce marché – doivent montrer l’exemple….

Or, l’idée d’un consortium entre les acteurs en place pour proposer une alternative française au cloud public américain très en avance semble définitivement compromise. Il est pourtant important que les industriels français étudient la question avec les intégrateurs expérimentés et qu’ils s’engagent et s’associent dans une initiative commune au-delà de leur intérêt personnel. Là repose l’avenir du cloud public « à la française »…

A propos d’Ysance
Créée en 2005 par une équipe d’experts IT, Ysance est une société spécialisée dans l’intégration de solutions innovantes et dans la réalisation de projets IT stratégiques pour ses clients. Ses activités s’articulent autour de 4 métiers : la Business Intelligence, l’e-business, le Cloud Computing et le Big Data. Fondée sur des valeurs de passion pour les technologies, de loyauté envers ses clients et ses collaborateurs et d’expertise technologique, Ysance met ses compétences techniques au service du développement de l’activité de ses clients. Forte de 75 collaborateurs expérimentés, l’équipe d’Ysance accompagne ses clients de la définition à la réalisation de leur projet. Ysance investit massivement en R&D maintenant ainsi sa capacité à identifier de nouveaux marchés ce qui lui permet non seulement de connaître une croissance continue depuis sa création mais aussi d’offrir aux équipes un environnement stimulant, accélérateur de carrière.
Ysance.com

Vendredi 4 Mai 2012
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