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Cloud Computing : Changement de paradigme en vue ?


Par Nelson Dumais (Canada)...d'où un vocabulaire quelque peu couleur local (NDLR).




Mode passagère pour «vendeur de solutions» ou question de vie ou de mort pour les entreprises ? L’informatique de type «nuage» («Cloud Computing») ne laisse personne indifférent.

Ici, au CA World 2010, c’est le principal sujet d’intérêt. Et je pèse mes mots. CA Technologies (1), multinationale américaine qui acquière des entreprises plus vite que son ombre (150 fois en 34 ans), vient d’y faire un énorme saut de crapaud. Hier, devant quelques 7000 participants venus de 80 pays, c’est le PDG, Bill McCracken, qui y est allé d’une vibrante profession de foi envers le «nuage», le prochain grand modus operandi de l’industrie des TI.

«Je ne pense pas que cela va se produire, j’en suis convaincu, a déclaré le dirigeant, c’est en train d’arriver maintenant ! Les entreprises qui entendent demeurer concurrentielles n’ont d’autre choix que d’adopter les technologies virtuelles et le «Cloud Computing». À défaut, elles ne seront plus en affaires.»

Tel est le message que l’on nous assène ici, partout, tout le temps. «Nous sommes à l’aube d’un changement de paradigme» affirme le numéro deux de CA, Ajei Gopal. «Une question de vie ou de mort pour les entreprises,» surenchérit le VP principal Chris O’Malley. «Le modèle d’affaires s’est transformé, on ne peut plus éviter le nuage», m’explique Lokesh Jindal, un autre VP principal.

Bien beau, mais c’est quoi le «nuage» ? Si vous vous imaginez une patente éthérée dans une sauce ouatée avec plein de petits chérubins tout joufflus, vous avez trop fumé de tussilage. Le «nuage», c’est une simple vision d’affaire. C’est conceptuel avant d’être physique. L’entreprise A fournit un logiciel à des clients, dont l’entreprise B. Les deux sont donc reliées par Internet (WAN) dans un contexte où si B en veut plus, elle en prend plus. Si elle en veut moins, elle en prend moins. B paie pour ce qu’elle consomme. Point final.

Le serveur de A est quelque part chez A ou chez un fournisseur de A. Le logiciel de B peut être à deux endroits. Si le «nuage» est de type infrastructurel, il tourne dans une machine virtuelle (p. ex. sous Hyper-V, VMware et autres). B en a besoin, elle démarre la machine virtuelle. Elle n’en a plus besoin, elle la ferme. Mais si le nuage est de type SaaS (Software as a Service), le logiciel arrive directement dans les postes de travail qui en ont besoin. Encore là, B paie pour ce qu’elle a utilisé.

Le mot «nuage» vient de ces schémas où un lien éloigné requérant le réseau Internet était illustré comme étant un nuage (voir illustration ci-après). Et tout cela s’ajuste selon les besoins ou la situation. L’avantage, est de ne pas devoir investir sur des produits (matériel ou logiciel) dont on pourrait n’avoir besoin, par exemple, qu’occasionnellement ou temporairement.

Cloud Computing : Changement de paradigme en vue ?

CA Technologies s’estime particulièrement bien placée pour pousser fortement sur ce concept. Non pas qu’elle soit seule à s’y intéresser. Déjà 3 000 quelques entreprises s’affairent, par les temps qui courent, en tant que fournisseurs de services sur le «nuage». Son avantage, CA, sur IBM, HP, SAP ou Microsoft, c’est qu’elle n’a pas grand-chose à perdre si le concept s’impose. La quasi totalité de ses produits peuvent être bidouillés pour convenir à la gestion du «Cloud Computing» et à sa sécurité. Pas ses grandes concurrentes. Ainsi, ce matin, elle annonçait le lancement d’un coffre d’outils de gestion, des cockpits aussi évolués que conviviaux, pour gérer tous les aspects particuliers au «nuage», la «Cloud Connected Management Suite».

D’où son initiative du Cloud Communs, un portail «communautaire» qu’elle a conçu et qu’elle entend entretenir à ses frais, mais dont elle ne veut pas prendre le contrôle. Elle le laisse à l’usage de l’industrie mondiale, que coordonnera un consortium industriel chapeauté par l’Université Carnegie-Mellon. On y retrouvera, notamment, un système d’index permettant de mesurer (selon une gamme élaborée de critères) la qualité d’un service de type «nuage».

Tout un pari pour CA ! À moins d’être dirigée par des lunatiques, l’entreprise de Long Island ne s’est sûrement pas impliquée dans un machin marketing sans lendemains. Le CV du PDG McCracken atteste que le bonhomme a les deux pieds bien à terre. Il a compris que l’économie mondiale en arrachait, qu’elle tentait de remonter la pente, que les entreprises avaient dû couper partout, que plusieurs peinaient à soutenir leur structure informatique, une grosse bebelle fort onéreuse qui ne leur permet pas de s’adapter assez vite à un au marché qui va dans tous les sens. Bill McCracken estime que le temps est venu de donner un grand coup.

L’homme a fait carrière pendant 36 ans chez IBM et, à ce titre, il a pu assister à tous les grands bouleversements informatiques à partir des années 70. Il sait que les entreprises qui sont demeurées fidèles aux gros ordinateurs centraux lors de la percée mini et micro-informatique, sont disparues. Même celles qui figuraient au palmarès des Fortune 500. Idem pour celles qui ont boudé les interfaces utilisateurs graphiques (Mac, Windows) dans la deuxième moitié des années 80. Et idem pour celles qui n’ont pas fait le virage Internet vers la fin des années 90. Bref, «hors du «nuage», point de salut !» C’est ce qu’on appelle un «changement de paradigme»; on passe d’une façon normalisée de faire les choses vers une nouvelle, sans que rien ni personne puisse arrêter le mouvement et sans avoir l’intention de revenir en arrière.

En l’occurrence, soutient le PDG, le vent de changement est puissant. Il s’alimente de la convergence de trois facteurs historiques: les conditions économiques, les avancées technologiques et les besoins des clients. Ces derniers sont notamment aux prises avec des marchés en changement continu face auxquels il doivent se doter d’une plus grandes capacité d’adaptation. Surtout, ils doivent revoir vers la baisse les coûts de leurs TI. En même temps, les entreprises doivent songer à leur sécurité. On sait que la criminalité ne fait pas de trêves. En un mot, la question est de savoir comment rester concurrentiel tout en optimisant sa sécurité, en réduisant ses coût d’opération informatique et en se dotant d’un potentiel inédit d’adaptation ?

C’est à cela qu’entend répondre le «nuage». Chaque activité est soupesée et accomplie à l’interne (logiciels achetés et installés) ou en mode «cloud computing» (type Software as a Service – SaaS). C’est selon la période, la clientèle, le produit impliqué, la provenance, etc. Dans ce dernier cas, elle est incluse de la même façon que l’on ajoute un éléments (un service) sur un système de chaîne d’approvisionnement. À chaque fois, on spécifie quand, où et comment le service est livré. Cette souplesse est très importante dans la mesure où les cycles de commande/fourniture sont plus courts que jamais, ce qui implique des modifications à plus grande fréquence.

En vue de ces changements majeurs, CA a ajouté le mot «Technologies» dans son nom, ce que son PDG a qualifié de «geste audacieux». Elle entend ainsi s’afficher comme fournisseur de ces technos particulières au «nuage», à son utilisation et à sa sécurité.

D’ici une décennie, peut-être moins, l’expression «Cloud Computing» sera entrée dans les mœurs comme ce fut le cas pour le eCommerce vers la fin des années 90. C’est Lokesh Lindal qui me le garantit. On verra. De toute façon, on saura d’ici un an si tout a fonctionné comme Bill McCracken l’entend. Tout va très vite et d’autres géantes de l’informatique (Microsoft, IBM et SAP dans le lot) sont, elles aussi, en train de se positionner en situation de ne pas rater l’éventuel changement de paradigme.

S’il a vu juste, le PDG de CA Technologies, il est probable que l’année 2010-2011 sera propice à sa boîte et à ses actionnaires. On verra !

(1) CA Technologies est le nouveau nom de la multinationale new-yorkaise, tel qu’annoncé hier. Quoi qu’il en soit, c’est elle qui paie mes dépenses professionnelles dans le cadre de cette série d’articles sur le CA World 2010.

Mardi 18 Mai 2010
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