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Clément Francomme (Utocat)


Entretien avec Clément Francomme dirigeant d'Utocat.




Clément Francomme
Clément Francomme
Comment avez-vous découvert le Bitcoin et la Blockchain ?

Bitcoin, ca date de la crise chypriote de février 2013. Bitcoin est passé de 30 dollars à 250 dollars, lors d’une bulle spéculative puis il s’est crashé à 20 dollars. J’ai laissé tomber, j’étais responsable de projet chez Safran à l’époque. J’en ai réentendu parler deux mois plus tard sur des forums. J’ai miné pendant 1 semaine avec mon mac book pro, soit 1 ct de BTC, qui valait 50ct d’euros. Puis j’ai acheté un Butterfly Labs, ce qui n’était pas un bon pari. Je l’avais d’ailleurs anticipé en achetant deux mois plus tard, en août 2013 un KMCMIner – Jupiter. Le Butterfly Labs valait 300 dollars, le second 10 fois plus, mais je suis passé de 5ghz à 650 ghz de puissance de calcul. C’était la période ou bitcoin est passé de 200 à 1000€, je générais 500€ / jour, Soit 0,5 BTC à l’époque via un pool de mineurs.

Vous aviez donc un background technique ?

Oui, c’était nécessaire.

Pour quelles raisons avez-vous franchi le pas de l’entreprenariat ?

Pour trois raisons principales :
1. Le périmètre de ma situation pro s’est dégradé,
2. Bitcoin est une technologie follement passionnante pour laquelle il y a un avenir, c’est un pari technologique
3. Forte vague de hype à l’époque – 2 décembre 2013 – 1200 personnes du monde entier à Londres, cela a renforcé ma prise de décision, j’avais 30 ans, c’était le moment d’y aller parce qu’après la vie nous rattrape.

J’ai donc décidé de me consacrer au Bitcoin à temps plein et pourquoi pas de monter mon propre projet sur le sujet.

La Blockchain était un pari courageux à l’époque ?

Ce que j’ai détecté depuis le début c’est le potentiel de disruption majeur globale.
Il y avait 2 technologies à l’époque : Bitcoin et l’impression 3D. Il y avait un potentiel intrinsèque très fort dans ces deux technologies. La contrainte qui va avec et que j’avais moins anticipé, c’est la nécessité d’être patient.

Quand avez-vous créé Utocat (utocat.com) ?

J’ai commencé à réfléchir au projet en janvier 2014.

Quelle est la proposition de valeur d’Utocat ?

Utocat s’adresse au secteur du retail en permettant aux commerçants d’accepter les paiements en Bitcoin.
Bitcoin est une façon de payer partout dans le monde depuis son portable (sur place, à distance, en main propre, depuis un site web). Aujourd’hui il n’y a pas de solution unifiée à l’exception de la carte bleue pour laquelle il y a un plafond minimum de paiement et des commissions élevées pour les commerçants. La carte bleue n’est pas pratique sur mobile ceci dit : c’est galère.
Utocat est la solution pour les paiements entre 1 et 15€.

Pouvez-vous nous présenter votre équipe ?

Nous sommes 4 personnes : 2 associés, Laurent Koszyczek et moi, et 2 salariés, Kevin Mas et Kevin Bockelandt.

Quelle est votre cible ?

Nous avons 2 types de cibles, essentiellement B2B :
- Une cible historique : commerce et e-commerce que nous adressons avec Utocat
- Une cible plus nouvelle dans les secteurs bancaire et les assurances, principalement les grands groupes. Nous adressons cette cible avec une entité toute nouvelle qui s’appelle Blockchainiz.
Blockchainiz propose trois services :
1. Conseil (menaces et opportunité de la Blockchain)
2. Prototypage pour prouver ce que l’on préconise lors de la phase de conseil
3. Location d’infrastructure Blockchain afin d’améliorer leur service avec des « bouts » blockchain. Ça leur permet d’éviter des coût d’expertise et de maintenance puisqu’ils sont mutualisés.
Techniquement, notre activité avec Blockchainiz ne change pas mais notre activité commerciale est double.
En une phrase Blockchainiz vend de la « Blockchain on demand ».

Quelles sont les applications concrètes ?

- Services en général : Certification d’information (signature électronique, certificat (œuvre d’art), notariat, contrat) avec historique et preuve d’antériorité
- Non répudiation des informations grâce à la blockchain
- Smart contract : on va garantir non pas l’existence mais la bonne exécution d’un contrat. On répond, dans le cas des smart contracts, à un fort besoin de confiance dans l’exécution de ses partenaires. On diminue le cout de confiance qui rend le service plus efficace.
- D’autres besoins à la demande : wallet Bitcoin, hébergement de bitcoin et pour des clients en finance, du trading euros / bitcoin.
Notre volonté est de mettre les potentiels repérés actuels au service des grands comptes.

Quelle est votre CA ?

En 2015 il était de 50k €, nos objectifs initiaux pour 2016 étaient de 150k€ et on devrait pouvoir doubler ou tripler nos objectifs initiaux.
On s’est éloigné de notre premier Business Plan et d’une activité uniquement Retail car le time to market était trop long. Avec Blockchainiz, nous répondons à un double enjeu des entreprises :
- Réduire les coûts pour augmenter les marges
- Communiquer sur leurs innovations et l’utilisation de nouveaux outils

Quelle est votre actualité ?

Nous levons des fonds, certains investisseurs veulent également rentrer dans l’équipe, l’équipe devrait donc s’agrandir.

Selon vous, à quel rythme et quelles applications vont naitre grâce à la technologie Blockchain ?

La valeur actuelle est sur la consolidation de ce qui existe déjà et sur les objectifs d’usage. Je conseille d’aller voir les couches applicatives car les couches basses, personne ne les verra ou ne s’y intéressera.
A une échéance à un ou deux ans c’est une trajectoire que je vois venir : quelques Blockchain mais beaucoup de couches applicatives. Nos clients regardent des solutions à deux ans, assez court termistes. C’est une question de changement opérationnel. Injecter de la blockchain à des niveaux opérationnels permet d’initier le changement et d’envisager des applications plus importantes.
Nous sommes encore dans une période très amont, pas totalement figée sur le type d’applicatif qui va sortir. Les usages disruptifs annoncés seront réalisés à partir du moment où tout le monde utilise bitcoin ou une autre crypto monnaie. Ceci n’est pas encore le cas donc je ne vois pas d’applications grand public à très court terme. A court terme plutôt les systèmes existants qui vont optimiser leur business model ou services grâce à la Blockchain.

Clément Francomme (Utocat)
Comme le montre la courbe ci-dessus du nombre de transactions par jour, la tendance d’usage explose, le fait est que si la technologie Blockchain explose, l’usage monétaire va également décoller mécaniquement. Selon moi, le plus gros potentiel n’est d’ailleurs pas en Europe ou aux USA mais dans des pays moins structurés monétairement avec un système bancaire moins présent.

Si l’usage se répand, la confiance dans la technologie et les applications basées sur la Blockchain va également se répandre. La Blockchain diminue les coût de confiance.

Pour plus d’informations

Interview réalisé par Hugues de Saint Vincent onename.com/hugues consultant au sein du cabinet Meotec (meotec.com).

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Mercredi 10 Février 2016
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