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Belgique : Sombres perspectives économiques selon 7 CEO belges sur 10


L’incertitude est la plus vive pour les managers d’ Europe occidentale




Selon environ la moitié (48 %) des 1.258 CEO qui ont participé à l’étude internationale, le climat économique mondial va encore s’assombrir au cours des 12 prochains mois. C’est ce qui ressort de la quinzième étude annuelle réalisée par PwC auprès des CEO (« 15th Annual Global CEO Survey »), dont les résultats ont été communiqués aujourd’hui lors du Forum économique mondial à Davos. À peine 15 % des personnes interrogées anticipent une croissance de l’économie mondiale, ce qui contraste largement avec les résultats de l’an dernier, selon lesquels pas moins de 48 % des CEO déclaraient être « très confiants » dans les perspectives de croissance. En Belgique, les CEO envisagent l’avenir de manière encore plus sombre que dans les autres pays : pas moins de 62 % s’attendent à un nouveau recul de l’économie mondiale tandis que seulement 3 % croient en une amélioration de la conjoncture économique.

Il est étonnant de constater que 40 % des participants à l’étude mondiale affirment être plus confiants dans la croissance du chiffre d’affaires de leur propre entreprise que dans les perspectives économiques. Ceci laisse supposer que les CEO estiment avoir acquis, depuis la crise de 2008, une plus grande expérience dans la gestion de leur entreprise en des temps difficiles et tourmentés. 4 CEO sur 10 sont « très confiants » dans la croissance du chiffre d’affaires de leur entreprise, soit une légère diminution par rapport aux 48 % de l’an dernier, mais toujours légèrement mieux que les 31 % enregistrés en 2010. Dans ce domaine également, les CEO belges semblent moins enthousiastes : 12 % d’entre eux déclarent être « très confiants », mais la majorité (47 %) se montre néanmoins un peu plus prudente.

Ainsi, les chefs d’entreprises belges prévoient aussi des remaniements de leurs stratégies plus profonds que leurs collègues étrangers. Parmi les raisons principales de ce changement de cap, citons la menace de la concurrence, l’impact de la dette publique, une modification de la tolérance aux risques et la disponibilité des talents.

L’étude révèle également que plus de la moitié des CEO dans le monde tablent sur une augmentation de leur effectif l’an prochain. Bien que les chiffres varient selon le secteur, globalement les secteurs des divertissements et des médias seront ceux qui connaîtront la plus importante vague de recrutement. En Belgique, les prévisions de recrutement pour l’an prochain semblent considérablement plus faibles. Seuls 21 % des CEO envisagent d’accroître leur effectif et 32 % prévoient un statu quo. Sur ce plan, les chefs d’entreprises belges affichent en général plus de pessimisme que leurs homologues néerlandais ou allemands. Les CEO belges sont beaucoup plus nombreux à envisager de déplacer leurs activités plutôt que de conclure des partenariats pour combler ces lacunes, ce pour des raisons liées à la disponibilité des talents.

La perte de confiance est la plus marquée en Europe occidentale

La perte de confiance dans les perspectives de croissance économique est la plus manifeste en Europe occidentale, ce qui n’est pas vraiment surprenant, vu la crise persistante de l’euro. Seul 1 CEO européen sur 4 est « très confiant » dans les perspectives de croissance, soit une forte diminution par rapport aux 40 % de l’an dernier. La Belgique et les Pays-Bas affichent des pourcentages de respectivement 12 % et 13 %, bien en-deçà de l’Allemagne qui constitue l’exception en Europe avec 47 %.

Les perspectives à court terme sont également moins brillantes pour les CEO de la région Asie-Pacifique où la confiance s’est effritée et est passée de 54 % l’an dernier à 42 % cette année. La Chine surtout enregistre le recul le plus marqué : 51 % des CEO chinois déclarent être « très confiants », comparé à 72 % l’an dernier. L’Inde suit une évolution similaire. Alors que dans l’étude précédente, 88 % des CEO en Inde indiquaient encore être « très confiants » dans les perspectives de croissance à court terme, ce pourcentage a chuté à 55 % cette année. Aux États-Unis également, on perçoit un léger tassement (de 45 % l’an dernier à 41 %). L’Afrique est le seul continent qui suit une courbe ascendante : 57 % des CEO prévoient une croissance, soit une augmentation de 7 points par rapport à l’an dernier.

À plus long terme, la confiance s’effrite également. 46 % des CEO déclarent être « très confiants » dans les perspectives de croissance pour les trois prochaines années, soit une chute de 5 points. Sur cet aspect également, la confiance des CEO d’Europe occidentale est la plus faible. En Belgique, il semble même que seulement 21 % des CEO se montrent « très confiants » dans le potentiel de croissance à moyen terme.

Qu’est-ce qui préoccupe le CEO belge ?

L’endettement et le déficit fiscal sont au cœur des inquiétudes des CEO belges (68 %). 65 % d’entre eux sont préoccupés par l’incertitude qui plane sur les perspectives de croissance. À ces facteurs, s’ajoutent l’instabilité des marchés des capitaux (50 %), les changements au niveau de la réglementation (41 %) et la volatilité des taux de change (29 %). Les chefs d’entreprises belges se préoccupent beaucoup plus de l’augmentation de la pression fiscale que leurs voisins néerlandais et allemands, mais leur niveau de préoccupation s’aligne sur la moyenne européenne. Les CEO néerlandais s’inquiètent beaucoup moins des multiples menaces que leurs collègues belges ou allemands.

« La confiance des chefs d’entreprises a été sérieusement ébranlée, non seulement dans notre pays mais aussi dans le reste du monde », déclare Karel De Baere, Chairman de PwC Belgique. « Les secousses de la crise financière sont toujours perceptibles. Les CEO sont très préoccupés par l’incertitude économique mondiale et la lente convalescence de l’économie. L’optimisme prudent qui a montré le bout de son nez après la crise a pratiquement été réduit à néant. »

Selon Karel De Baere, la confiance en une croissance économique mondiale est encore davantage érodée par la crise de la dette persistante dans l’UE et les autres incertitudes économiques. « Nous observons à présent que même les économies à croissance rapide d’Asie et d’Amérique latine ne sont pas immunisées contre une stagnation économique persistante. Chaque CEO dans le monde s’inquiète manifestement de la santé de l’économie mondiale. Ces dernières années, les économies émergentes ont poursuivi sur leur lancée alors que les économies plus anciennes d’Europe et d’ailleurs étaient fortement atteintes par cette conjoncture de crise. Nous constatons à présent que cette position est tout de même quelque peu infirmée. »

« En revanche, il est positif de constater que, grâce à l’expérience acquise ces dernières années dans un climat économique difficile, les CEO sont vraisemblablement mieux armés à présent pour aider leur organisation à naviguer sur une mer agitée. Ils ont appris à mieux s’accommoder d’une économie caractérisée par la volatilité des marchés, une demande érodée dans les économies développées et une incertitude plus marquée dans les pays émergents. Au niveau mondial, 40 % des chefs d’entreprises sont convaincus de pouvoir réaliser leurs prévisions de croissance malgré le climat instable. Toutefois, cet optimisme n’est pas aussi fortement de mise partout. Dans notre pays par exemple, 47 % des CEO affichent une confiance plutôt modérée dans les opportunités de croissance », poursuit Karel De Baere. Pour 2012, les chefs d’entreprises belges tablent également sur plus d’économies de coûts, d’externalisations et de désinvestissements que leurs voisins allemands et néerlandais.

Où dénicher les opportunités de croissance ?

Il ressort de cette quinzième étude que les économies émergentes sont encore considérées comme un pôle de croissance majeur aux yeux des entrepreneurs. À l’échelon mondial, 59 % des CEO considèrent ces marchés de croissance comme étant beaucoup plus importants pour l’avenir de leur entreprise que les économies plus développées et déjà établies depuis longtemps. Globalement, les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) se maintiennent comme principaux marchés de croissance, suivis par les États-Unis et l’Allemagne. Pour les CEO belges, le principal potentiel de croissance se situe tout d’abord plus près de chez nous : 38 % sont à la recherche d’opportunités outre-quiévrain, puis en Allemagne (26 %) et ensuite en Chine (21 %).

En 2012, la recherche de croissance pour les CEO dans le monde passe tout d’abord par l’élargissement de leur part de marché sur les marchés existants ainsi que le développement de nouveaux produits et services. En Belgique, ce dernier aspect recueille le plus de suffrages (47 %), suivi, en deuxième place, par le renforcement de la part de marché avec 24 %. Comme stratégie de croissance, la découverte de nouveaux marchés, les fusions et acquisitions ainsi que les joint ventures et alliances sont à la traîne, aussi bien dans notre pays que dans le reste du monde. En particulier, les chefs d’entreprises belges sont moins enclins à entamer des collaborations stratégiques avec des tiers : seuls 3 % d’entre eux considèrent les joint ventures et les alliances comme un facteur de croissance.

Le talent : un défi de taille

Comme mentionné, plus de la moitié des CEO dans le monde prévoient d’augmenter leur personnel, malgré les perspectives économiques décevantes. En Belgique, les intentions de recrutement se situent, comme indiqué, un cran plus bas. Chez nous, 41 % des participants à l’étude pensent même devoir restreindre leur effectif en 2012.

Trouver, attirer et retenir les talents adéquats reste néanmoins l’un des principaux défis pour bon nombre de CEO. À l’échelle mondiale, seul 1 CEO sur 3 est très confiant dans sa réussite à trouver les talents qu’il recherche. Dans notre pays, à peine 18 % des chefs d’entreprises en sont convaincus. En Belgique, trouver des travailleurs qualifiés semble être un véritable casse-tête : pour pas moins de 59 % des CEO belges (environ le double du pourcentage mondial), il s’agit du principal défi.

« Beaucoup de professions sont soumises à une pénurie de talents dans notre pays et nous savons déjà depuis longtemps que les entreprises belges éprouvent des difficultés à recruter de bons travailleurs qualifiés », déclare Karel De Baere. « Dans ce domaine, les pouvoirs publics ont un rôle majeur à jouer. Notre système d’enseignement doit prendre des mesures pour mieux former le personnel technique qui semble toujours faire défaut. »

La non-disponibilité des talents requis représente, dès lors, aux yeux de nombreux chefs d’entreprises, l’un des défis majeurs pour une croissance potentielle. Plus de la moitié des CEO dans le monde et 47 % des CEO belges en ont pleinement conscience. D’autres défis importants pour la croissance sont, selon les CEO belges, l’augmentation de la pression fiscale (53 %), la modification des modèles de consommation (56 %), l’envolée des prix de l’énergie (35 %) et le manque de moyens financiers pour financer la croissance (32 %).

Presque trois quarts des CEO dans le monde et 62 % des chefs d’entreprises belges prévoient d’ajuster, dans les 12 prochains mois, leur stratégie en matière de gestion des talents. Ainsi, l’encadrement et le développement des talents sont, pour la deuxième année consécutive, la priorité absolue en termes de changement pour les entreprises. Près de 7 CEO sur 10 (contre 53 % en Belgique) reconnaissent même vouloir consacrer plus de temps au développement du leadership et des talents au sein de leur entreprise.

« Il est triste et ironique de devoir constater que, maintenant que notre économie traverse des temps très difficiles, un manque de personnel qualifié entrave la croissance. Les CEO rencontrent beaucoup de difficultés à trouver et retenir le personnel adéquat, et la rotation sur les marchés émergents est considérable. Le problème ne va peut-être que s’accentuer au fur et à mesure de l’évolution des modèles démographiques mondiaux. Dans notre pays également, le défi sera en effet encore plus grand face au vieillissement accru de la population ».

www.pwc.be

Mardi 21 Février 2012
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