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Banques suisses : l'échange d'informations comme future nouvelle réalité


Les banques s'adaptent à une nouvelle réalité. Comme le montre le Baromètre des banques EY 2014, la plupart des établissements sont convaincus que l'échange automatique d'informations est appelé à s'imposer comme norme mondiale.




Malgré la persistance de conditions défavorables avec une pression sur les marges et des exigences réglementaires toujours plus contraignantes, les établissements financiers suisses restent optimistes quant à leurs perspectives d'avenir. Toutefois, certains établissements prévoient des suppressions d'emplois. Par ailleurs, le programme conclu avec les Etats-Unis en vue de mettre un terme au différend fiscal permettra
d'accélérer la consolidation.

23 % (année précédente : 20 %) des banques suisses évalue de manière positive leur marche des affaires. Parmi les 120 établissements interrogés en décembre 2013 dans le cadre du Baromètre des banques EY (sans les deux grandes banques), 48 (58%) qualifient leur marche des affaires de plutôt positive et 29 (22%) prévoient un recul de leur résultat d'exploitation. Les banques restent optimistes quant à l'avenir : 75 (70%) tablent, en effet, sur une évolution positive ou plutôt positive de leur résultat d'exploitation au cours des prochains mois. Toutefois, le nombre d'établissements prévoyant des suppressions d'emploi au cours des douze prochains mois a pratiquement doublé en un an pour atteindre 20 %. « Les banques suisses sont confrontées à un environnement de plus en plus défavorable marqué par des taux d'intérêt faibles, une baisse des volumes de transactions et une pression réglementaire et se voient contraintes d'adapter en permanence leurs modèles et processus d'affaires » résume Patrick Schwaller, Managing Partner FSO Assurance chez EY Suisse.

L'échange automatique d'informations comme future nouvelle réalité
Le Baromètre des banques EY révèle un revirement particulièrement intéressant concernant la transparence fiscale : pas moins de 74 % des banques interrogées se déclarent convaincues que le concept d'échange automatique d'informations est appelé à s'imposer comme norme mondiale et 49 % considèrent même que ce sera déjà le cas à moyen terme. « Un résultat surprenant au vu des récents événements et qui marque un tournant historique. Les banques ont visiblement dû admettre que les concepts alternatifs proposés jusqu'alors n'étaient pas compris ou acceptés par les Etats partenaires. De nombreuses banques ont d'ores et déjà introduit une politique pour les avoirs potentiellement non-déclarés de leurs clients. La question de la gestion du passé reste cependant sans réponse », explique Patrick Schwaller.

Profond malaise vis-à-vis du programme US
Les banques émettent un jugement de plus en plus négatif sur les évolutions actuelles concernant le secret bancaire et la transparence fiscale. En effet, 57 (51%) des établissements interrogés considèrent qu'elles auront des conséquences négatives ou plutôt négatives sur la place financière. Le malaise est très net à propos du programme US visant à mettre un terme au différend fiscal: une majorité de 73 % estiment que la solution engagée avec les Etats-Unis est clairement préjudiciable à la place financière suisse. « Les banques suisses considèrent que la conséquence la plus grave du programme US ne réside pas dans les éventuelles pertes, mais plutôt dans les coûts liés au traitement et à la fourniture des données requises. Il n'est donc pas étonnant que de très nombreuses banques n'aient participé au programme qu'à contrecoeur », déclare Patrick Schwaller.

Craintes concernant un accès au marché plus difficile dans l'UE 79 % des banques suisses interrogées craignent que la mise en œuvre de la directive MiFID II ne complique nettement l'accès au marché important qu'est l'UE. C'est une lourde menace qui pèse sur cette source de revenus incontournable pour les banques suisses. Il n'est donc pas étonnant d'observer que 73 % des établissements jugent utile l'introduction d'une loi sur les services financiers (LSF) en vue de mettre en place une réglementation analogue. Toutefois, certaines modifications proposées, en particulier le registre public des conseillers à la clientèle, l'inversion du fardeau de la preuve et la réglementation relative au système de médiation, sont considérées comme peu efficaces. « La réglementation MIFID II des pays tiers représente un enjeu central pour les banques suisses. Reste à voir si l'UE considérera la réglementation suisse prévue comme équivalente, cette reconnaissance étant la condition d'un accès au marché», explique Bruno Patusi, Responsable Wealth & Asset Management chez EY Suisse.

Le secteur du Private Banking reste sous pression
Le secteur actuellement soumis aux plus fortes pressions est celui du Private Banking. Pour 55 % des banques, il s'agit du secteur qui est confronté aux plus gros défis et où la concurrence est la plus forte. Cette concurrence renforcée accélère le processus de consolidation : une grande majorité (76 %) des banques interrogées tablent sur une diminution du nombre d'établissements financiers, en particulier dans le secteur de la gestion de fortune. « Ces conditions de plus en plus hostiles poussent désormais de nombreuses banques à revoir leurs modèles d'affaires. La pression concurrentielle et l'accord fiscal conclu avec les Etats-Unis vont plutôt accélérer la consolidation », explique Bruno Patusi.

Volant anticyclique au caractère symbolique
Une majorité croissante des banques interrogées (59 contre 53 % l'année précédente) s'attendent à un durcissement des conditions d'octroi de crédit pour l'année en cours. 64 (77%) des établissements sont d'avis que le marché immobilier est désormais propice à la formation d'une bulle. Selon une majorité de banques, le besoin de correctifs de valeurs et de provisions pour risques de défaillance résultant des opérations de crédit devrait être stable ; 41 (42%) tablent cependant sur une hausse du besoin de correctifs de valeurs. Une nette majorité de sondés (82 %) considèrent comme pertinent le volant anticyclique de fonds propres activé par le Conseil fédéral sur demande de la Banque nationale pour les crédits hypothécaires. Cependant, la moitié seulement des établissements estiment que cet instrument est susceptible de freiner durablement la croissance des crédits hypothécaires.

Rétrocessions - une tempête dans un verre d'eau ?
L'arrêt du Tribunal fédéral en matière de rétrocessions et de commissions de gestion, qui a semé le trouble dans le secteur fin 2012, n'a pas eu jusqu'à présent de conséquences notables sur les affaires de gestion de fortune. 19 % seulement des banques interrogées ont observé une hausse significative des demandes de clients concernant les commissions de distribution et 8 % seulement indiquent avoir été confrontées à un nombre important de demandes de remboursement. « Les banques sont généralement parvenues à expliquer suffisamment les mécanismes de rémunération aux clients potentiellement concernés », explique Bruno Patusi. L'enquête montre également que les rétrocessions devraient vraisemblablement être maintenues à l'avenir : près de 44 % des banques interrogées considèrent qu'elles ne renonceront pas totalement à ces commissions. Toutefois, la transparence sera renforcée.

Informations concernant l'étude
Le Baromètre des banques EY repose sur un sondage réalisé auprès de 120 dirigeants (membres de la direction générale) de différentes banques dans toute la Suisse, sans les deux grandes banques. 33 % des établissements interrogés sont des banques privées, 22 % des banques étrangères, 34 % des banques régionales et 11 % des banques cantonales. 79 % des établissements proviennent de Suisse alémanique, 18 % de Suisse romande et 3 % du Tessin. L'enquête téléphonique a été réalisée début décembre 2013 par un institut de sondage indépendant (Valid Research, Bielefeld) pour le compte d'EY. Les résultats détaillés de l'enquête peuvent être téléchargés à l'adresse ey.com/ch.

A propos de l'organisation mondiale EY
L'organisation mondiale EY est un leader dans le domaine des services de l'audit, de la fiscalité, des transactions, du droit et du conseil. Nous utilisons notre expérience, nos connaissances et nos services afin de contribuer à créer un lien de confiance au sein des marchés financiers et des économies à travers le monde. Nous possédons les meilleurs atouts pour cette tâche - d'excellentes prestations d'audit et de conseil, des équipes remarquables et un service qui dépasse les attentes de nos clients. Building a better working world : notre mission globale est d'encourager l'innovation et de faire la différence - pour nos collaborateurs, pour nos clients et pour la société dans laquelle nous vivons.

L'organisation mondiale EY désigne toutes les sociétés membres d'Ernst & Young Global Limited (EYG). Chacune des sociétés membres d'EYG est une entité juridique distincte et indépendante, et ne peut être tenue responsable des actes ou omissions des autres entités. Ernst & Young Global Limited, société britannique à responsabilité limitée par garantie, ne fournit pas de prestations aux clients. Pour de plus amples informations, rendez-vous sur notre site Internet ey.com.

L'organisation EY est représentée en Suisse par Ernst & Young SA, Bâle, avec dix bureaux à travers la Suisse et au Liechtenstein par Ernst & Young AG, Vaduz. Dans cette publication, « EY » et « nous » se réfèrent à Ernst & Young SA, Bâle, une société membre d'Ernst & Young Global Limited.

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Mercredi 15 Janvier 2014
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