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Banques européennes : de l’excès de levier à l’excès de régulation


Le temps de l’interventionnisme de l’État est venu pour le secteur bancaire européen. Le monde politique européen a pris conscience du problème dès la mise en place du plan de sauvetage d’urgence de Fortis. Après les autorités britanniques et suisses, c’est toute l’Europe qui organise divers plans de recapitalisation de ses banques à coups de milliards d’euros. Avec des différences, selon les capacités financières des États ; et un traitement des actionnaires plutôt favorable en Suisse ou aux Pays-Bas ou très défavorable en Grande-Bretagne ou en Belgique.




Ces prises de participation des États sont sans doute la condition sine qua non pour un retour à une certaine confiance entre banques, les garanties d’États sur les dépôts des épargnants n’étant pas suffisantes. Il fallait garantir les prêts faits par les banques entre elles. La solution fut la prise de participation par l’État avec recapitalisation à la clef.

Dans ce contexte, que pensons-nous du secteur et quelle est notre stratégie de sélection de titres ?

Revenons d’abord sur les 4 grands problèmes auxquels les banques doivent faire face.
- Tout d’abord, il y a la crise de liquidité qui a un impact immédiat en termes de coût de financement. Une banque qui se finance pour partie dans le marché interbancaire aura un impact drastique sur ses marges et donc durablement sur ses profits.
- Ensuite, il y a les provisions sur les produits structurés des banques. Il nous semble que le secteur a pris une grande partie de ces provisions, sans exclure que certains acteurs aient été moins conservateurs.
- A cela s’ajoute les exigences relatives aux fonds propres avec une pression de plus en plus forte des États et ce souvent au détriment des actionnaires : ce processus pénible va se poursuivre dans les prochains mois. Des pays comme l’Allemagne, la France, l’Italie ou encore l’Espagne doivent encore clarifier leurs objectifs en termes de bilans des banques.
- Enfin, le cycle de crédits et de provisions des banques, lui, ne fait que commencer. Les provisions sur les crédits aux petites, moyennes voire grandes entreprises vont fortement accélérer dans les prochaines années.

Aussi, à court terme, nous restons toujours prudents sur les banques européennes.

Au sein du secteur, nous investissons dans les « business models » qui sortiront plus ou moins intacts de cette crise. Nous pensons que les banques privées retourneront vers une croissance rentable dans l’avenir. En effet, le métier de collecte de fonds demande peu de capitaux et ne souffrira pas d’augmentation des provisions opérationnelles. A ce titre, nous privilégions UBS et Crédit Suisse.

Ensuite, nous pensons que certaines banques généralistes sortiront relativement plus fortes de la crise. Ceci grâce à la disparition de certains concurrents, à leur neutralisation par l’État, ou à des acquisitions créatrices de valeurs. A ce titre, nous préférons KBC et BNP.

Enfin, nous pensons exploiter l’opportunité d’un fort ralentissement des pays d’Europe de l’Est en y investissant pour les prochaines années. En effet, les banques d’Europe de l’Est ont un « business model » de banque de détail assez simple et sont bien capitalisées. Elles ont l’avantage de faire partie d’économies peu bancarisées, avec une convergence économique subsidiée par l’Union Européenne.

Nous ne sommes pas investis aujourd’hui pour des raisons de valorisation et par crainte de fortes augmentations des provisions dans certains pays.
Dans tous les cas, nous évitons les systèmes bancaires britannique et espagnol, confrontés à une importante bulle immobilière, et à un fort endettement des ménages pour ce qui concerne le Royaume-Uni.

En dehors de certaines banques européennes, nous investissons également dans des activités de niches comme Man group (leader en gestion alternative) ou IFG (trusts fiscaux pour particuliers).

Enfin au sein des assureurs, nous investissons dans des sociétés de services de niches à forte croissance et qui prennent peu de risque sur le bilan (tels Admiral, April ou encore Amlin).

Par Geoffroy Goenen, gérant sénior chez Dexia AM, spécialisé sur le secteur financier



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Jeudi 6 Novembre 2008
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