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Banque Centrale Européenne – Déclaration introductive du 5 décembre 2013


La rédaction de votre quotidien Finyear vous propose ce texte in-extenso.




Mesdames et messieurs, je suis très heureux de vous accueillir à cette conférence de presse. Je vais à présent vous faire part des conclusions de la réunion du Conseil des gouverneurs qui s’est tenue aujourd’hui et à laquelle a également assisté M. Rehn, vice-président de la Commission européenne.

Au terme de notre examen régulier de la situation économique et monétaire, nous avons décidé de laisser inchangés les taux d’intérêt directeurs de la BCE. Les informations et les analyses disponibles ont conforté notre évaluation et nos décisions de politique monétaire du mois dernier. Les tensions sous-jacentes sur les prix dans la zone euro devraient rester contenues à moyen terme. Corroborant ce scénario, les évolutions monétaires et celles du crédit demeurent atones. Dans le même temps, les anticipations d’inflation à moyen et à long terme pour la zone euro continuent d’être solidement ancrées à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 %. Cette configuration tend à indiquer que nous pourrions connaître une période prolongée de faible inflation, suivie d’une remontée graduelle vers des taux d’inflation inférieurs à, mais proches de 2 %. L’orientation de notre politique monétaire demeurera accommodante aussi longtemps que nécessaire et continuera ainsi de soutenir la reprise progressive de l’économie dans la zone euro. Dans ce contexte, le Conseil des gouverneurs a confirmé ses indications sur la trajectoire future des taux directeurs de la BCE et continue de prévoir que ces taux resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas sur une période prolongée. Cette anticipation demeure fondée sur le maintien à moyen terme de perspectives d’inflation globalement modérées, compte tenu de la faiblesse généralisée de l’économie et de l’atonie des évolutions monétaires. En ce qui concerne les conditions du marché monétaire et leurs implications éventuelles pour l’orientation de notre politique monétaire, nous suivrons attentivement leurs évolutions et sommes prêts à examiner tous les instruments disponibles.

Permettez-moi à présent d’expliquer plus en détail notre évaluation, en commençant par l’analyse économique. Après une hausse de 0,3 % au deuxième trimestre 2013, le PIB en volume de la zone euro a augmenté, en glissement trimestriel, de 0,1 %, au troisième trimestre. Les évolutions des indicateurs de confiance tirés des enquêtes disponibles jusqu’en novembre vont dans le sens d’un taux de croissance positif au quatrième trimestre de l’année également. En 2014 et 2015, la production devrait se redresser lentement, sous l’effet notamment d’une légère hausse de la demande intérieure soutenue par l’orientation accommodante de la politique monétaire. L’activité économique dans la zone euro devrait également bénéficier d’un raffermissement graduel de la demande extérieure. En outre, les effets de l’amélioration
générale observée sur les marchés financiers depuis l’an dernier se font sentir sur l’économie réelle, et il devrait en aller de même des progrès réalisés en matière d’assainissement budgétaire. De plus, les revenus réels ont récemment bénéficié d’une hausse plus faible des prix de l’énergie. Cela étant, le chômage demeure élevé dans la zone euro et le nécessaire processus d’ajustement des bilans dans les secteurs public et privé continuera de peser sur l’activité économique.

Ce scénario ressort également des projections macroéconomiques de décembre 2013 pour la zone euro établies par les services de l’Eurosystème, qui prévoient une baisse de 0,4 % du PIB annuel en volume en 2013 suivie d’une progression de 1,1 % en 2014 et de 1,5 % en 2015. Par rapport aux projections macroéconomiques de septembre 2013 réalisées par les services de la BCE, la projection de croissance du PIB en volume est restée inchangée pour 2013 et a été révisée à la hausse de 0,1 point de pourcentage pour 2014.

Les risques entourant les perspectives économiques dans la zone euro sont considérés comme orientés à la baisse. Les évolutions des conditions sur les marchés monétaires et financiers à l’échelle mondiale et les incertitudes qui y sont associées pourraient influer négativement sur la situation économique. D’autres risques à la baisse ont trait à un renchérissement des matières premières, à une demande intérieure et une croissance des exportations plus faibles que prévu et à une mise en œuvre trop lente ou insuffisante des réformes structurelles dans les pays de la zone euro.

Selon l’estimation rapide d’Eurostat, la hausse annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est accentuée en novembre 2013, s’établissant à à 0,9 % après 0,7 % en octobre. Cette évolution, globalement conforme aux prévisions, a reflété en particulier un effet de base haussier lié aux prix de l’énergie et une plus forte augmentation des prix des services. Sur la base des cours actuels des contrats à terme sur l’énergie, l’inflation, en rythme annuel, devrait demeurer proche des niveaux actuels au cours des prochains mois. À moyen terme, les tensions sous-jacentes sur les prix devraient rester contenues dans la zone euro. Dans le même temps, les anticipations d’inflation à moyen et à long terme continuent d’être solidement ancrées à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme.

Concordant globalement avec ce scénario, les projections macroéconomiques de décembre 2013 établies par les services de l’Eurosystème pour la zone euro prévoient une hausse annuelle de l’IPCH de 1,4 % en 2013, de 1,1 % en 2014 et de 1,3 % en 2015. Par rapport aux projections macroéconomiques de septembre 2013 réalisées par les services de la BCE, la projection d’inflation a été révisée à la baisse de 0,1 point de pourcentage pour 2013 et de 0,2 point de pourcentage pour 2014.

Les risques pesant sur les perspectives d’évolution des prix sont considérés comme globalement équilibrés à moyen terme. Les risques à la hausse sont liés à un niveau plus élevé des prix des matières premières et à une augmentation plus forte que prévu des prix administrés et de la fiscalité indirecte, tandis que les risques à la baisse découlent d’une activité économique plus faible qu’anticipé.

S’agissant des projections macroéconomiques des services de la BCE, je vous informe que le Conseil des gouverneurs a décidé de publier de plus amples détails à compter de décembre 2013. Vous recevrez ces éléments aujourd’hui, à l’issue de la conférence de presse.

S’agissant de l’analyse monétaire, les données relatives à octobre confirment l’atonie du rythme d’expansion sous-jacent de la monnaie au sens large (M3) et du crédit. La croissance annuelle de M3 s’est modérée à 1,4 % en octobre, après 2,0 % en septembre. Cette modération est en partie liée à un effet de base. La croissance annuelle de M1 est demeurée robuste, à 6,6 %, reflétant une préférence pour la liquidité, tout en demeurant inférieure au pic de 8,7 % observé en avril. Les entrées nettes de capitaux dans la zone euro ont encore été le principal facteur soutenant la progression annuelle de M3, tandis que le rythme annuel de variation des concours au secteur privé est resté faible. Le taux de croissance annuel des prêts aux ménages (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est inscrit à 0,3 % en octobre, niveau globalement inchangé depuis le début de l’année. Le rythme annuel de variation des prêts aux sociétés non financières (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est établi, pour sa part, à - 2,9 % en octobre, après - 2,8 % en septembre et - 2,9 % en août. Dans l’ensemble, la faible dynamique des prêts aux sociétés non financières continue de traduire le décalage avec le cycle économique, le risque de crédit ainsi que l’ajustement en cours des bilans des agents financiers et non financiers.

Depuis l’été 2012, des progrès considérables ont été réalisés en termes d’amélioration du financement des banques. Afin de garantir une transmission adéquate de la politique monétaire aux conditions de financement dans les pays de la zone euro, il est essentiel que la résorption de la fragmentation des marchés du crédit de la zone euro se poursuive et que la résilience des banques soit renforcée lorsque c’est nécessaire. L’évaluation complète à laquelle la BCE procèdera avant d’assumer le rôle prudentiel qui lui est attribué dans le cadre du mécanisme de supervision unique soutiendra davantage encore ce processus de renforcement de la confiance. Elle améliorera la qualité des informations disponibles relatives à la situation des banques et aboutira à l’identification et à la mise en œuvre des mesures correctives qui s’imposent. De nouvelles avancées décisives dans la mise en place d’une union bancaire permettront de rétablir la confiance dans le système financier.

En résumé, il ressort de l’analyse économique que nous pourrions connaître une période prolongée de faible inflation, suivie d’une remontée graduelle vers des taux d’inflation inférieurs à, mais proches de 2 %. Un recoupement avec les signaux provenant de l’analyse monétaire confirme ce scénario.

En ce qui concerne les finances publiques, le Conseil des gouverneurs accueille favorablement l’évaluation de la Commission européenne relative aux projets de plans budgétaires pour 2014 présentés pour la première fois en octobre dans le cadre des deux règlements de l’Union européenne (le « two-pack »). Ce nouvel exercice de surveillance doit être intégralement mis en œuvre. Afin de placer leurs ratios de dette élevés sur une trajectoire baissière, les gouvernements ne doivent pas relâcher leurs efforts en vue de réduire les déficits et de soutenir l’ajustement budgétaire à moyen terme. En particulier, les mesures d’assainissement doivent être propices à la croissance et s’inscrire dans une perspective de moyen terme, en vue d’améliorer les services publics tout en réduisant au minimum les effets de distorsion créés par la fiscalité. Dans le même temps, il est nécessaire de réaliser des avancées significatives en matière de réformes des marchés des biens et services et du marché du travail, afin d’améliorer la compétitivité, de renforcer la croissance potentielle, de créer des opportunités d’emploi et de favoriser l’adaptabilité de nos économies.

TEXTE COMPLEMENTAIRE :

LA CONFERENCE DE LA BCE REAFFIRME L’UTILITE DE LA COOPERATION INTERNATIONALE ENTRE BANQUES CENTRALES

- Dix ans de programmes de coopération technique coordonnés par la BCE avec des banques centrales n’appartenant pas à l’UE
- Des banques centrales du monde entier se rencontrent régulièrement pour échanger des informations et apprendre les unes des autres
- La coopération internationale a renforcé le système financier
- La crise a entraîné un approfondissement de la coopération

Les 3 et 4 décembre, la Banque centrale européenne (BCE) a accueilli une conférence de haut niveau consacrée à la coopération internationale entre banques centrales. La conférence, qui a réuni des dirigeants d’organisations internationales et des gouverneurs ou des sous-gouverneurs de plus de vingt banques centrales, a marqué le dixième anniversaire des programmes de coopération technique coordonnés par la BCE avec des banques centrales n’appartenant pas à l’Union européenne (UE). Plus précisément, les banques centrales de Russie, d’Égypte et des pays candidats à l’adhésion à l’UE ont travaillé avec la BCE et des banques centrales nationales de la zone euro dans le cadre de programmes de coopération technique afin d’améliorer les qualifications des personnels et les capacités institutionnelles. La communauté mondiale des banques centrales a derrière elle plusieurs décennies de partage d’informations, d’expériences et de pratiques de référence, de transfert d’expertise et de développement des capacités institutionnelles.

La conférence a passé en revue les enseignements de cette expérience et discuté des possibilités d’améliorer encore la coopération entre banques centrales. L’accent a été mis en particulier sur la meilleure manière d’intégrer aux politiques nationales les pratiques de référence et les normes internationales préconisées par des institutions telles que la Banque des règlements internationaux (BRI), le Fonds monétaire international (FMI) ou des organes de l’UE, notamment la BCE. Plusieurs intervenants ont fait observer que le partage des connaissances et la coopération technique entre banques centrales « n’est pas à sens unique ». L’assistance technique a ainsi fait place à une coopération technique.

« Ceux qui ont reçu un soutien au début sont désormais devenus eux-mêmes des fournisseurs de soutien », a affirmé Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE. Les autres sujets examinés ont porté sur le renforcement des systèmes financiers grâce à une coopération accrue en matière de surveillance microprudentielle et macroprudentielle. « La coopération internationale est à l’évidence une condition permettant d’éviter les effets de contagion d’une crise, compte tenu de la détention transfrontière généralisée du capital des banques », a estimé Ardian Fullani, Gouverneur de la Banque d’Albanie.

Enfin, la conférence s’est intéressée plus précisément au rôle de la coopération entre banques centrales pendant et après la crise, notamment pour faire face aux implications transfrontières des politiques monétaires menées par les banques centrales dans leurs juridictions respectives. Les accords d’échanges de devises (swaps) entre banques centrales destinés à amortir les pénuries de liquidité ont été cités à titre d’exemple de cette coopération.

« La coopération entre banques centrales est devenue un complément essentiel à une politique monétaire autonome », a affirmé Thomas Jordan, Président du directoire de la Banque nationale suisse.

Banque de France
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Vendredi 13 Décembre 2013
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