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Banking day 2009 organisé par PwC Luxembourg : des professionnels droits dans leurs bottes…percées !


Dans un communiqué de presse du 10 février titré « PwC Banking Day 2009 : Les temps changent, la place financière s’adapte », PwC l’a affirmé : « C’est indéniable, la place financière de Luxembourg a de quoi être fière, et elle est prête à aller de l’avant en misant sur ses atouts. La confiance et une approche « retour aux sources » sont les facteurs clés ».




Jérôme Turquey
Jérôme Turquey
On a insisté sur la « confiance », mot 7 fois cité dans le communiqué. Or, la règle d’or pour inspirer la confiance est de savoir faire amende honorable et de ne pas nier l’évidence ou ne pas dire la vérité de surcroit sur des questions faciles à vérifier (sur ce dernier point, voir l’article précédent de CFO News « Luxembourg : Quel crédit accorder désormais à une place dont les leaders ne disent pas la vérité sur le droit positif de manière grossière ? ».)

Au-delà de l’exercice visant sans doute à stimuler les anticipations positives des investisseurs que l’on peut comprendre, le communiqué est révélateur d’une absence de remise en question montrant que finalement on n’a rien compris aux enjeux.

Les positions de trois intervenants, représentatives de la mentalité des affaires en pleine crise Luxalpha, sont à remarquer :
- Didier Mouget (Territory Senior Partner, PwC Luxembourg) a annoncé « un transfert d’activités de localisation « peu réglementées » vers le Luxembourg. »
- Simone Delcourt (Directrice, CSSF) a affirmé que « Ni le Luxembourg, ni la CSSF n’ont à avoir honte ou à se justifier des actions mises en place en réaction à la crise actuelle ».
- Sanjiv Sawhney (Managing Director, JP Morgan Bank Luxembourg S.A ) s’est prononcé « contre une ’réglementation automatique et inconsidérée’ »

Il ressort du compte rendu que des questions de fond n’ont pas été abordées, et notamment :
- Est-il sain que des pseudo-professionnels continuent à pouvoir créer des sociétés en lien avec des juridictions contestées (BVI, Seychelles, etc.) sans être experts comptables relevant de l’Ordre des Experts Comptables ou réviseurs d'entreprises relevant de l’Institut des Réviseurs d’Entreprises, c'est-à-dire sans être contrôlés par l’une de ces deux institutions ?
- Est-il sain que des sociétés des BVI ou autres juridictions exotiques puisse être commissaire de S.A. ?
- Pourquoi est-ce si difficile au Luxembourg de mettre en place une "centrale des bilans" ou d’avoir un accès libre en ligne aux jugements de justice judiciaire ?
- Pourquoi la notion d'éthique est-elle absente du monde des affaires luxembourgeois, à commencer par la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprise) telle qu'elle est mise en œuvre au Luxembourg ?
- Pourquoi est-il si difficile au Luxembourg de mettre en œuvre les recommandations du GRECO et de l'OCDE en matière de lutte contre la corruption, et en particulier la responsabilité pénale des personnes morales ?
- Pourquoi au Luxembourg des professionnels qui ont eu un mauvais comportement (abus de bien social par exemple) retrouvent-ils plus facilement une place quand ceux qui appellent à la rigueur de comportement sont frappés d'ostracisme ?
- Pourquoi la CSSF ne communique-t-elle les détails sur les professionnels qui ont fauté ? Ses homologues, suisses et surtout anglais, le font et cela a un effet assurément dissuasif.

Surtout, il ressort du communiqué de presse qu’à aucun moment les participants à cette « grand messe » de PwC n’ont :
- réprouvé ceux qui ont fauté. On ne s’en désolidarise pas car il y a un « esprit de corps » même pour défendre l’injustifiable.
- remis en cause les carences et dysfonctionnements qui se démontrent dans la juridiction. Ainsi dans son analyse des « red flags » de l’affaire Madoff, l’EDHEC (Madoff: A Riot of Red Flags, de François-Serge Lhabitant et Greg Gregoriou) a-t-elle identifié des indices opérationnels qui s’avèrent parfaitement visibles au Luxembourg : manque de ségrégation parmi des prestataires de service, auditeurs obscurs, influence lourde de famille (et des réseaux), manque de transparence et personnel insuffisant.

En conclusion, les leaders actuels de la place Luxembourgeoise sont très décevants et ne peuvent qu’inciter les investisseurs à « investir avec leurs pieds ».

Jérôme Turquey Jérôme Turquey
Auditeur-conseil indépendant en éthique des affaires et risque de réputation
Chargé de cours en Master de Sciences criminelles sur les paradis financiers
j.turquey@wanadoo.fr
http://ethiquedesplaces.blogspirit.com


Mercredi 11 Février 2009
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