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BRIC, 4 R, DTS et USD !


Le Dollar est notre devise et il est votre problème ! C’est par cette phrase lapidaire énoncée dans les années 70 que le gouvernement américain a résumé sa pensée sur la question quelques années après 1971, date de la décision par le Président NIXON de renoncer à la convertibilité du dollar en or.




Dominique Chesneau
Dominique Chesneau
La situation a-t-elle fondamentalement changé depuis ? Les exemples n’ont pas manqué, de situations dans lesquelles les pays « non-dollarisés » ont dû supporter les heurs et malheurs de la devise américaine.

Cette année toutefois, de nouveaux « joueurs » sont apparus dans ce le nouveau jeu stratégico-financier monétaire du « je te tiens, tu me tiens…. » !
Ces joueurs ne sont pas, bien sûr, les puissances pétrolières, même si l’Iran et le Vénézuela ont émis leurs velléités d’affranchissement du dollar. Ces nouveaux joueurs sont les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) qui ont tous les quatre des devises commençant par R ( real, rouble, roupie, rinmimbit !).
Compte tenu de leurs balances commerciales et des paiements fortement excédentaires, leurs moyens d’intervention pourraient être d’une redoutable efficacité pour dicter leur loi…mais après tout quelle pourrait être cette loi ? Qu’il est bon de hurler sa force dans la prairie si, la démonstration de pouvoir tourne court en se tirant une balle dans le pied ?!!!

C’est bien le questionnement actuel qui explique en partie, le fait que le sujet du dollar comme monnaie de réserve dominante n’a que peu été abordée lors des deux derniers G20 et que la déclaration des BRIC à l’issue d’une réunion de deux jours a été « modérée ».
Rappelons donc brièvement ce que sont les DTS et voyons comment ils sont utilisés actuellement ?

I. Droits de tirage spéciaux (DTS)

Le DTS est un instrument de réserve international créé par le FMI en 1969 pour compléter les réserves officielles existantes des pays membres. Les DTS sont alloués aux pays membres proportionnellement à leur quote-part au FMI. Le DTS sert aussi d'unité de compte au FMI et à certains autres organismes internationaux. Sa valeur est déterminée à partir d'un panier de monnaies.

Pourquoi le DTS a-t-il été créé et à quoi sert-il aujourd’hui ?
Le droit de tirage spécial (DTS) a été créé par le FMI en 1969 pour soutenir le système de parités fixes de Bretton Woods. Tout pays adhérent au système devait disposer de réserves officielles — avoirs en or de l’État ou de la banque centrale et devises largement acceptées — qui pouvaient servir à racheter sa monnaie nationale sur les marchés des changes internationaux, au besoin, pour maintenir son taux de change. Mais l’offre internationale de deux grands avoirs de réserve, l’or et le dollar EU, s’est révélée insuffisante pour étayer l’expansion du commerce et l’évolution financière auxquelles on assistait alors. La communauté internationale a donc décidé de créer un nouvel avoir de réserve mondial sous les auspices du FMI.

Or, quelques années à peine après la création du DTS, le système de Bretton Woods s’est effondré et les grandes monnaies sont passées à un régime de taux de change flottant. D’autre part, l’expansion des marchés de capitaux internationaux permettait aux gouvernements solvables d’emprunter plus facilement. Cette double évolution a réduit le besoin de DTS.

Aujourd’hui, le rôle du DTS se limite à celui d’un avoir de réserve parmi d’autres et il sert principalement d’unité de compte au FMI et à certains autres organismes internationaux. Le DTS n’est pas une monnaie, et il ne constitue pas non plus une créance sur le FMI. Il représente en revanche une créance virtuelle sur les monnaies librement utilisables des pays membres du FMI. Les détenteurs de DTS peuvent se procurer ces monnaies en échange de DTS de deux façons : premièrement, sur la base d’accords d’échange librement consentis entre pays membres; deuxièmement, lorsque le FMI désigne les pays membres dont la position extérieure est forte pour acquérir des DTS de pays membres dont la position extérieure est faible.

Mode d’évaluation du DTS
La valeur du DTS a été fixée initialement à 0,888671 gramme d’or fin, ce qui correspondait alors à un dollar EU. Après l’effondrement du système de Bretton Woods, en 1973, la valeur du DTS a été déterminée par rapport à un panier de monnaies, qui comprend actuellement le dollar EU, l’euro, la livre sterling et le yen. La contre-valeur du DTS en dollars EU est affichée quotidiennement sur le site Internet du FMI. La valeur représente la somme de la part de chacune des quatre monnaies dont se compose le DTS, exprimée en dollars EU et calculée sur la base du taux de change coté à midi chaque jour sur le marché de Londres.
La composition du panier est revue tous les cinq ans pour veiller à ce que la pondération des monnaies rende bien compte de leur importance relative dans les échanges et les systèmes financiers internationaux. Lors du dernier réexamen de la valeur du DTS, en novembre 2005, les pondérations des monnaies du panier ont été révisées sur la base de la valeur des exportations de biens et de services et du montant des réserves libellées respectivement dans chaque monnaie qui étaient détenues par les autres membres du FMI. Ces modifications ont pris effet le 1er janvier 2006. Le prochain réexamen par le Conseil d’administration aura lieu à la fin de 2010.

Taux d’intérêt du DTS
Le taux d’intérêt du DTS sert de base de calcul pour le taux d’intérêt dont le FMI assortit les financements ordinaires (non concessionnels) qu’il accorde à ses pays membres, la rémunération qu’il verse aux pays membres et les intérêts dus par ces derniers en fonction de leurs avoirs en DTS et la rémunération qu’il verse aux pays membres sur une fraction de leur quote-part au FMI. Le taux d’intérêt du DTS est fixé chaque semaine sur la base de la moyenne pondérée des taux d’intérêt représentatifs de certaines obligations à court terme émises sur le marché monétaire des pays dont la monnaie entre dans la composition du DTS.

Allocations de DTS
En vertu de ses Statuts, le FMI peut allouer des DTS aux pays membres en proportion de leurs quotes-parts respectives. Ces allocations fournissent à chaque pays membre des avoirs sans frais sur lesquels des intérêts ne sont ni dus ni versés. Toutefois, si les avoirs en DTS détenus par un pays membre dépassent son allocation, cet excédent est porteur d’intérêts; à l’inverse, s’il détient un montant de DTS inférieur à son allocation, il verse des intérêts sur la différence. Les Statuts donnent aussi la possibilité d’annuler des DTS, mais cette disposition n’a jamais été invoquée. Le FMI ne peut s’allouer de DTS à lui-même.
Il existe deux sortes d’allocations :

II Les BRIC, les 4R et l’USD

Depuis les débuts de la crise, les prêts du FMI aux pays qui traversent une mauvaise passe se multiplient : UKRAINE, Pays Balte, Irlande…et bientôt peut être le Royaume-Uni.
Afin de faire face aux demandes, il n’est pas exclu que le FMI demandent à ses actionnaires de leur fournir des réserves lui permettant de prêter tant et plus aux pays en difficulté financière.
On comprend donc aisément, que ce n’est vraiment pas le moment de casser « le jouet ».

Mais parallèlement, les BRIC, s’ils notent un ralentissement de la vitesse de croissance de leur économie continuent, néanmoins d’engranger mois après mois des dollars et, en moins grande quantité de l’EURO !
Face à la FED qui a délibérément décidé ( sans trop l’écrire) de faire tourner la planche à billet en achetant à tout va des emprunts d’état américain sur le marché primaire, que faire ?
En plaçant leurs réserves en dollar, le risque est de devoir constater une dépréciation d’actif si les taux d’intérêt remontent (parce que la FED n’est plus à l’achat par exemple), en vendant du dollar pour diversifier leurs investissements, les taux d’intérêt américains vont remonter et les pertes potentielles seront doubles : en capital, et en devise car le dollar va baisser !
En quelque sorte : pile je gagne, face tu perds !.
Le dollar reste bien leur problème.

Comment en sortir ? La porte est étroite et il est probable que seul le temps soit l’ami de tous. Le paquebot est trop lourd pour le faire changer rapidement de son erre.
C’est ainsi que le ministre russes des finances a proposé à ses partenaires d’investir, lentement mais sûrement, dans un fonds d’investissement composé d’emprunts d’état brésiliens et indiens. Les Chinois ont envisagé de financer les pays d’Extrême Orient avec leurs réserves en devises autres que le dollar, les brésiliens pensent aider passagèrement l’Argentine, le Chili et d’autres pays d’Amérique Centrale….
Mais il s’agit d’actions à mener avec les réserves à engranger ( « nous allons envisager d’autres supports d’investissement ») et la question reste entière pour les stocks actuels.
Déjà, face à une forte chute du dollar après leur déclaration, le ministre russe des finances a indiqué que les BRIC n’allaient pas « modifier leurs investissements rapidement et de manière spectaculaire » !, ce qui a permis de voir le dollar reprendre des couleurs (en plus du vert !!!) face à l’Euro avec + 2,5%.

Ainsi, chacun reste à la merci du dollar américain et les grandes économies sont dans une situation de Catch 22 : il faut continuer de garder sous perfusion, « le soldat dollar » mais ne pas le remettre sur pied, tenter de former au plus vite une relève pour des raisons économiques et géopolitiques, de limiter l’achat de bons du Trésor américain sur le marché primaire et laisser la FED prendre la relève, de conserver le lien Rinmimbit/Dollar, car ce qui est perdu en réserve est gagné en amélioration de la compétitivité des produits chinois, d’envisager avec les mêmes motivations une stabilité de la parité Roupie/dollar, real/dollar, rouble/dollar pour mieux se sortir du billet vert, de contrôler la baisse du dollar en conséquence sans se tirer une balle dans le pied, et ultimement, profiter de la sortie de crise et d’une tendance haussière fondamentale du dollar pour continuer d’en vendre et d’utiliser la fenêtre d’opportunité pour acheter de l’Euro et… ?

Et quoi, sachant que les 4 R sont des devises supportant un contrôle des changes, ce qui les rend difficile à manier comme monnaie de réserve ?
La réponse à court terme est probablement l’Euro.

En conclusion, tout se conjugue pour une baisse du dollar, si le dollar relève la tête, les forces de rappel à la baisse vont s’accroitre.
Pour l’Euro, en revanche, un mouvement unidirectionnel à la hausse est à craindre.
La Chine et l’Inde sont en cours de sortie de la crise, les américains devraient, selon les économistes, en voir la fin en début 2010 et l’Europe…paiera pour les autres en nombre de chômeurs pendant au moins de plus que ses partenaires économiques.
L’Europe peut-elle s’y opposer ? Economiquement, non comme on vient de l’entrevoir, politiquement, non également car « le canard court sans tête » en cette période de transition institutionnelle à Bruxelles et à Strasbourg.
Néanmoins , l’Europe acceptera le retour des DTS sans le système monétaire mondial, comment s’y opposer !
Mais elle l’acceptera tel un bourgeois de Calais…ou un bourgeois de Bretton Woods !!!

Dans tout cela un élément de fraicheur : d’une part les institutions de l’Europe doivent être modernisées VITE, et,d’autre part, la nouvelle Commission et le Nouveau Parlement ont de lourdes tâches devant eux.
Emission de DTS et chômage européen :voilà un beau sujet de colloque !

Dominique CHESNEAU
Président Tresorisk

31, place Saint Ferdinand
75017 PARIS
L.D. / Fax : + 33 1 40 55 93 98
Mobile : + 33 6 81 70 73 81
dch@tresorisk.com

Dimanche 21 Juin 2009
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