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BANGLADESH - Le pays monte sur les marches du développement


Longtemps considéré comme l’un des pays les moins attractifs de la région, le Bangladesh a vu son PIB croître en moyenne de près de 6% par an depuis 2003. Depuis l’indépendance en 1971, le revenu par habitant a doublé, le taux de mortalité infantile a été divisé par trois et l’espérance de vie a gagné près de 20 ans. L’industrialisation s’est enracinée, permettant, notamment aux femmes, de vivre en ville et d’élever leurs enfants.




Certes, le pays reste l’un des plus pauvres du monde. Plusieurs raisons expliquent le retard du Bangladesh, en particulier sur ses voisins d’Asie du Sud Est.

Déjà, le pays n’a jamais été épargné par les catastrophes naturelles. De façon récurrente, inondations, cyclones et séismes s’abattent sur le Bangladesh, provoquant le plus souvent des pertes considérables en vie humaines et en capital. C’est l’un des phénomènes qui expliquent que le pays connaisse des périodes de forte croissance (reconstruction), tout en conservant un niveau de PIB par tête encore faible. En décembre 2007, un cyclone a ravagé le sud du pays et tué plus de 3 000 personnes. Une tragédie qui a également détruit les récoltes d’une bonne partie du pays (l’économie repose avant tout sur l’agriculture, 60% de la population travaillant dans ce secteur ; les cultures du thé, de riz et de jute restent les plus répandues).

Autre problème persistant : la corruption. Une pratique qu’on observe dans toutes les strates de la société, l’économie, la politique ou encore la justice. En particulier, les privatisations opérées ces dernières années ont largement profité à des groupes mafieux locaux. La corruption freine en outre les entrées de capitaux étrangers.

Pourtant, en dépit de ces difficultés, les indicateurs économiques et démographiques montrent bien que le Bangladesh avance sur le sentier du développement. La politique économique du pays a considérablement évolué ces dernières années. C’est essentiellement ce qui explique l’élévation structurelle du niveau de la croissance économique. Ainsi, les secteurs industriels, longtemps considérés comme secondaires par rapport à l’agriculture, constituent désormais une priorité du gouvernement. Il faut se souvenir que le pays a longtemps été l’un des grands exportateurs de la région jusqu’au 19ème siècle. Le commerce des textiles, de la soie ou encore du sucre font partie de l’histoire industrielle du pays.

Depuis l’indépendance du pays en 1971, les pouvoirs politiques n’avaient jamais facilité les investissements étrangers. Une situation qui a nettement évolué ces dernières années. Les autorités ont désormais clairement à l’esprit le danger d’une économie qui repose quasi exclusivement sur l’agriculture et la pêche dans un pays soumis aux aléas climatiques.

Des réformes importantes ont donc été mises en œuvre depuis une dizaine d’année pour favoriser les investissements. Des lois spéciales permettent aujourd’hui de ne pas taxer certaines exportations dans les régions de Dhaka, la capitale, et Chittagong. Depuis, le secteur industriel connaît des taux de croissance supérieurs à 20 % par an.

Les efforts des gouvernements doivent désormais porter sur l’assainissement des pratiques commerciales. Pour limiter les risques pour les investisseurs, les autorités ont mis en place une commission pour les réformes législatives censée garantir une meilleure transparence concernant la déréglementation de l’économie. Une commission similaire a vu le jour afin d’encadrer les marchés financiers. Aujourd’hui tous les secteurs sont ouverts à l’investissement privé (à l’exception de la défense, du nucléaire, de certaines réserves forestières, et du transport de matières premières).

La question des investissements étrangers est d’autant plus importante que le pays devrait désormais davantage bénéficier de la réorganisation géographique des grandes entreprises industrielles mondiales. Ainsi, le voisin indien, longtemps terre prioritaire d’outsourcing, commence à perdre de son attractivité. Les salaires y ont considérablement augmenté. Du coup, ses voisins les plus pauvres, au premier rang desquels le Bangladesh, commencent à susciter l’intérêt des investisseurs.

Samuel Ziza

Nicolas Bouzou - Gérant de ASTERES (Analyses et Prévisions Economiques)
Nicolas Bouzou est à votre service pour animer ou diriger vos conférences :


Lundi 18 Février 2008
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