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Assurances françaises : changements climatiques garantis ?


A l’occasion de la conférence des Nations Unies sur le climat à Poznan, les Amis de la Terre France publient aujourd’hui le rapport « Assurances françaises : changements climatiques garantis ? » (1), première étude sur les 15 plus importants assureurs français (2) qui révèle qu’aucun ne dispose d’une politique climatique complète.




Ce sont surtout les politiques de gestion d’actifs qui surprennent par leur laxisme en matière climatique et énergétique. La gestion d’actifs des assureurs français génère pourtant des émissions induites de 490 millions de tonnes de CO2, ce qui équivaut à 90 % des émissions totales de la France. Les pouvoirs publics se distinguent également par leur inaction : aucune réglementation ne fait le lien entre climat, énergie et gestion d’actifs. Les investissements climaticides ont-ils encore de beaux jours devant eux ?

Le rapport « Assurances françaises : changements climatiques garantis ? » est le résultat de huit mois d’analyse. Il passe au peigne fin les politiques climatiques des 15 principales compagnies d’assurances françaises, sur la base de dix critères regroupés en trois axes : politique climatique globale, produits d’assurance et gestion d’actifs.

Les résultats de l’étude sont clairs : aucun assureur français ne dispose d’une politique climatique complète à ce jour. Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes, précise : « Le problème majeur réside dans la gestion d’actifs. Les assurances françaises gèrent la somme colossale de 1500 milliards d’euros (l’équivalent de 80 % du PIB français). Avec des critères environnementaux et sociaux explicites, cette somme pourrait être un levier formidable dans la crise économique actuelle, pour orienter rapidement l’économie vers des modèles très économes en énergie et en ressources naturelles, et créateurs d’emplois locaux. Mais le business model de la gestion d’actifs des assureurs n’intègre l’enjeu climatique qu’à la marge : aucun objectif chiffré, pratiquement pas d’activisme actionnarial, aucune politique de réduction ou d’exclusion des investissements dans les entreprises les plus polluantes et dans les fausses solutions (agrocarburants, nucléaire, captage et stockage du carbone...) ».

Il poursuit : « Les émissions induites par les actifs que gèrent les assureurs représentaient l’équivalent de 90 % des émissions françaises totales en 2006. Aucun assureur n’a d’objectif de réduction de cet impact colossal, alors qu’en optimisant la gestion des portefeuilles d’investissement, on peut facilement en réduire l’intensité carbone de 25 %. Tant que les engagements ne se traduisent pas en objectifs opérationnels vérifiables, ce n’est que du verbiage. Le travail concret commence par le calcul des émissions induites, en utilisant notamment la méthodologie innovante développée par la Caisse d’Epargne, Centre Info et Utopies ».

Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, ajoute : « Le gouvernement porte sa part de responsabilité : tant que les investisseurs peuvent faire absolument ce qu’ils veulent en matière climatique et investir à tout-va sans même calculer les émissions que cela génère, ce qui est le cas aujourd’hui, la réduction par quatre des émissions qu’a décidé le gouvernement d’ici 2050 est vide de sens. Nous demandons aux pouvoirs publics français et européens de travailler sur les objectifs que le secteur financier privé devra respecter en matière climatique et énergétique dans ses activités financières, en particulier dans la gestion d’actifs. Ne mettre la pression que sur les industriels est simpliste et inefficace dans une économie financiarisée à outrance ».

L’étude des Amis de la Terre met en avant les meilleures pratiques françaises et internationales et formule quatre recommandations-clés aux assurances :
- calculer leurs émissions induites et fixer des objectifs de réduction ;
- développer une politique de gestion d’actifs intégrant des critères climatiques et énergétiques explicites ;
- développer des produits d’assurance automobile et habitation plus ambitieux : certains produits intéressants existent, il est nécessaire de s’en inspirer pour aller beaucoup plus loin ;
- mettre en place une politique transversale sur le climat. Notamment, la formation aux enjeux climatiques est extrêmement insuffisante.

Sur la base de ces recommandations, les Amis de la Terre souhaitent rencontrer chacune des assurances analysées.

[1] « Assurances françaises : changements climatiques garantis ? « , Les Amis de la Terre, Décembre 2008
(2) Les 15 assurances étudiées sont (par taille décroissante de chiffre d’affaires) : AXA, Generali, Aviva, CNP Assurances, Crédit Agricole-LCL, BNP Paribas, Société Générale, AGF, Groupama-GAN, Crédit Mutuel-CIC, Natixis, La Mondiale, MMA, MACIF, MAIF.

www.amisdelaterre.org

Lundi 15 Décembre 2008
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