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Affaire Cahuzac : Reyl & Cie réagit


François Reyl. Entretien avec le directeur général du groupe bancaire à Genève. Avec quelques démentis formels et mises au point. (Parution le jeudi, 11.04.2013 dans AGEFI Suisse).




François Reyl
François Reyl
Après plusieurs jours de révélations, déclarations, insinuations et commentaires mettant en cause la banque Reyl & Cie à Genève dans le cadre de l’affaire Cahuzac en France, le directeur général François Reyl rompt un instant la réserve qu’il estime nécessaire dans ces circonstances.

Pourquoi n’avoir pas réagi plus tôt aux commentaires visant votre établissement dans le cadre de l’affaire Cahuzac en France ?
C’est principalement une question de droit. En tant que banque depuis 2010, et précédemment en tant que négociant en valeurs mobilières, nous sommes soumis à la réglementation de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) et régis par la Loi fédérale sur les banques et les caisses d’épargne. Cet environnement nous impose, en général et dans ce genre de circonstances en particulier, une obligation de confidentialité, un devoir de réserve et le respect de la sphère privée. Nous rappelons d’ailleurs, comme l’a confirmé le communiqué de presse du Ministère public de Genève il y a une semaine (3 avril), qu’aucune procédure pénale n’a été ouverte contre nous, aucune infraction punissable n’ayant été commise en Suisse.

Qu’est-ce qui vous incite aujourd’hui à vous expliquer ?
Nous ne pensons pas avoir à nous expliquer. Nous tenons seulement à rectifier les informations erronées, intentionnelles ou non, qui ont circulé ces derniers jours dans les médias. Nous avons lu et entendu de telles énormités que j’ai demandé lundi à être reçu par le premier procureur de Genève. Nous voulions clarifier différents points et j’ai tout de suite donné mon accord pour que le procès-verbal de l’audition soit transmis aux juges d’instruction français.

Avez-vous évoqué par exemple les fameux quinze millions, dont certaines sources affirment qu’ils auraient été déposés chez Reyl dans le cadre de l’affaire Cahuzac, et qui ont ensuite disparu ?
A aucun moment nous n’avons eu connaissance de ces quinze millions. Nous ne savons rien de leur existence et, s’ils existent, ils n’ont en aucune façon été présentés à la banque Reyl.

Qu’en est-il des «comptes maîtres» ou «omnibus» qui auraient été ouverts par Reyl pour certains de ses clients ?
Il a en effet été question de «comptes maîtres» (ou «omnibus») que Reyl & Cie aurait opérés de manière à dissimuler l’identité de certains clients. Ces notions ne correspondent à rien et leur mention démontre une méconnaissance de l’environnement règlementaire bancaire. Reyl & Cie gère les comptes de certains de ses clients directement dans ses livres et, en conformité avec la règlementation Suisse, les identifie clairement dans ses documents d’ouverture de compte. Nous gérons également les comptes de certains autres clients dans les livres de banques tierces, sur la base d’un mandat de gestion. Dans tous les cas, l’ayant-droit économique ultime est clairement et nommément identifié.

Dans le cadre de l’affaire Cahuzac, vous avez été, et êtes toujours la cible de révélations ou commentaires venant de sources anonymes. Pouvez-vous y répondre ?
De très nombreuses contre-vérités ont été dites ou écrites à notre sujet. Des informations à caractère confidentiel, et qui n’ont aucun lien avec l’affaire en cours, ont également filtré dans certains médias. Nous avons évoqué ce sujet avec la Finma ainsi qu’avec le premier procureur Bertossa.

Comment expliquez-vous la croissance très élevée du groupe Reyl ces dernières années? Certains commentateurs s’en étonnent.
Notre forte croissance n’est en rien liée au développement d’une clientèle française offshore. Depuis plus de dix ans, nous avons fondé notre développement sur la diversification de notre modèle d’affaires. Nous avons été particulièrement actifs dans les domaines de la gestion de fonds de placement destinés au marché institutionnel, le conseil en banque d’affaires, la gestion d’actifs pour une nouvelle clientèle d’entrepreneurs originaire de pays dits émergents, notamment d’Asie et du Moyen-Orient, et la gestion d’une clientèle résidente en Suisse, en France et en Angleterre, via nos filiales règlementées. Dans chacune de ces nouvelles activités, nous avons obtenu d’excellents résultats parce que nous avons su en parallèle anticiper les attentes de nos clients et leur apporter des services novateurs à forte valeur ajoutée.

Pensez-vous que d’autres banques à Genève pourraient être traitées comme vous l’avez été ces derniers jours ?
Je l’ignore, mais sincèrement, je ne souhaite à aucun de mes confrères de vivre ce genre d’expérience.

Comment vos collaborateurs vivent-ils cette période particulière ?
Tous nos collaborateurs, où qu’ils soient dans le groupe, restent mobilisés et motivés, et nous en sommes très fiers.

Et vous, comment la vivez-vous ?
Nous devons reconnaître que c’est une période particulièrement éprouvante. Il est pénible de devoir supporter des attaques injustifiées sans pouvoir y répondre au fur et à mesure. Mais c’est le choix que nous avons fait. Pour le reste, nous maintenons notre ligne de conduite et nous nous conformons à nos obligations de banquier. Vis-à-vis des autorités, bien évidemment, mais avant tout à l’égard de nos clients et de nos partenaires. Alors que j’arrivais pour vous parler, on m’a informé que quelques casseurs avaient été arrêtés par les forces de l’ordre devant nos bureaux parisiens. Nous sommes scandalisés par ces actions, mais cela ne change rien à notre détermination. Nous porterons plainte, bien entendu.

Vos clients, comment réagissent-ils ?
Nous avons construit notre succès sur l’établissement de relations de confiance avec tous nos clients, et nous sommes sensibles aux nombreux messages et témoignages de soutien que nous recevons d’eux depuis le début de cette affaire.

Interview réalisé par Damien Grosfort & François Schaller - AGEFI.com


www.agefi.com

Affaire Cahuzac : Reyl & Cie réagit
L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève

Vendredi 12 Avril 2013
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