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Actions : le pétrole va-t-il jouer les trouble-fête ?


En février, les prix pétroliers ont grimpé de près de 10%. Dans le même temps, les marchés d’actions mondiaux ont continué leur progression, avec les valeurs cycliques sensibles au pétrole et les financières en tête. Les chiffres de croissance dépassant les attentes et les substantielles injections de liquidités l’ont clairement emporté sur l’impact négatif de la hausse des prix pétroliers. Cette tendance peut-elle se poursuivre ?




Dans une perspective historique, les marchés d’actions ont été en mesure de faire face à des hausses des prix pétroliers aussi longtemps que la hausse était graduelle et alimentée par une augmentation de la demande. En effet, une hausse de la demande pétrolière coïncide généralement avec une croissance économique satisfaisante, un facteur offrant une compensation. Lorsque la hausse des prix pétroliers a été fulgurante (plus de 30% en trois mois) et/ou a résulté de perturbations au niveau de l’offre, les marchés d’actions ont toutefois été largement pénalisés.

La complaisance des investisseurs en février peut, dans cette optique, être qualifiée d’inhabituelle puisque la hausse des prix pétroliers a été plutôt significative et ne s’explique pas uniquement par des facteurs liés à la demande. En fait, les prix des autres matières premières ont à peine augmenté durant cette période. Une part de la flambée des prix pétroliers est dès lors probablement due aux craintes grandissantes relatives à la situation en Iran, laquelle est susceptible de conduire dans le futur à des perturbations au niveau de l’offre. La prime de risque géopolitique incorporée actuellement dans le prix du pétrole est cependant estimée à moins de 10 dollars, ce qui reste insignifiant par rapport à l’impact que pourrait avoir tout dérapage dans la région. Un tel dérapage pourrait en effet facilement faire augmenter les prix de 30 dollars le baril, voire plus.

La complaisance observée le mois passé n’a pas seulement été le fait des investisseurs, mais aussi celui des ménages et des entreprises. La hausse de la confiance des consommateurs américains exprimée en pourcentage a ainsi dépassé l’augmentation des prix de l’essence à la pompe! Le même positivisme a été perceptible en Allemagne.

Ce comportement ne peut être expliqué que par les stimulants sans précédent des principales banques centrales. Les investisseurs sont moins préoccupés par l’offre de pétrole s’ils ne doivent pas s’inquiéter de l’offre de liquidités. Par ailleurs, les stimulants fiscaux et les créations d’emplois dépassant les attentes aux États-Unis ont clairement soutenu le sentiment.

Après leur solide début d’année, les marchés d’actions sont désormais exposés à des prises de bénéfices. Une poursuite de la hausse des prix pétroliers pourrait bien procurer aux investisseurs une excuse pour y procéder, d’autant plus que les injections de liquidités semblent avoir dépassé leur sommet. Il importe d’être conscient qu’une correction provoquée par les prix pétroliers entraînerait un renversement complet des performances sectorielles. Les secteurs cycliques, qui ont affiché la progression la plus prononcée depuis le début de l’année, seraient les plus affectés. Les secteurs défensifs, qui sont restés à la traîne, résisteraient pour leur part relativement bien. Le seul secteur offrant une protection contre une telle éventualité est le secteur énergétique, et au sein de celui-ci plus particulièrement les grandes sociétés pétrolières intégrées.

En conclusion, nous ne considérons pas la récente hausse des prix pétroliers comme une menace immédiate pour le sentiment sur les marchés d’actions. La hausse n’est pas (encore) suffisamment marquée et les craintes relatives à l’offre ne sont pas (encore) assez fortes pour annuler les effets positifs des injections de liquidités, des taux d’intérêt ultrafaibles et de l’activité économique plutôt honorable. Une poursuite de la récente tendance à la hausse pourrait toutefois être considérée comme un facteur de risque, d’autant plus que les injections de liquidités ont dépassé leur sommet et que des élections se profilent à l’horizon dans la zone euro.

Par Ad van Tiggelen
Stratégiste Senior
ING IM


Mercredi 7 Mars 2012
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