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Accès de faiblesse ou début de crise


La cellule de stratégie s’interroge sur un monde à plusieurs vitesses. Difficile de juger des lendemains du ralentissement actuel.




Accès de faiblesse ou début de crise
La forte reprise des derniers mois s’est enrayée. A cause de la flambée des matières premières, à cause de la catastrophe naturelle au Japon, à cause des politiques de resserrement dans les pays à forte croissance et, aussi, à cause du réajustement des inventaires dans les pays développés. Les explications sont nombreuses, et toutes recevables, mais sommes-nous face à un «coup de mou» ou aux premiers signes d’une nouvelle crise. Le débat lancé par Sebastian Paris Horvitz, directeur de la stratégie chez HSBC Private Bank, et Belal Khan, stratégiste sur les devises, ne vise pas nécessairement à fournir toutes les réponses mais à tenter de comprendre pourquoi le ralentissement observé semble plus sévère que prévu.

L’une des questions qui se pose en premier lieu est celui de la pertinence d’un QE3. La relance peutelle durer sans injection supplémentaire de liquidité ? Au delà des réflexions déjà exprimées sur le danger inflationniste de la politique de Quantitative Easing, les stratégistes de HSBC estiment que les liquidités sont encore largement suffisantes et que les effets de la stimulation du QE2 devraient perdurer. En tout état de cause, l’injection de cash ne suffit pas à créer des emplois, comme le démontre amplement la mollesse avec laquelle le marché du travail reprend aux Etats-Unis. Pour Belal Khan, la relance nécessite des politiques fiscales. Combien l’économie réelle profite-t-elle vraiment du QE ? Encourager le système financier ne signifie pas stimuler l’industrie. Les autorités américaines doivent cesser de se concentrer sur la politique de la Fed et construire une solution à long terme.

D’autre part, en dépit de la décélération générale, l’activité d’autres régions que les Etats-Unis continue à croître et les efforts de reconstruction au Japon devraient contribuer à une meilleure dynamique, notamment en Asie. La production se ralentit mais ne se contracte pas et le troisième trimestre devrait marquer une amélioration.

Ce qui caractérise le moment, c’est la diversité du paysage. Du taux de croissance aux politiques économiques, les régions évoluent à des rythmes très différents. La croissance, limitée dans les économies développées entravées par le surendettement, est à même de perdurer dans les pays émergents. Ce que Sebastian Horvitz appelle un monde à plusieurs vitesses. Les économies en forte croissance, confrontées à la surchauffe cyclique, continueront à mener des politiques monétaires austères, mais à un rythme plus progressif que prévu si le ralentissement des prix des matières premières se confirme et que la croissance se ralentit. Les économies développées observeront vraisemblablement des politiques monétaires moins rigoureuses pour ne pas risquer la fragile reprise.

Les erreurs politiques et les chocs imprévus sont les défis de ce monde. L’incapacité des décideurs de l’Eurozone à résoudre la crise de l’endettement malgré leurs engagements financiers considérables et la réforme du cadre institutionnel ne peut mener qu’à une seule conclusion : les pays insolvables doivent restructurer leur dette. Repousser les échéances ne sert à rien et peut mener à une nouvelle crise systémique. Les banques européennes sont engagées pour près de 1.500 milliards de dollars envers l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et la Grèce. Mieux vaut serrer les dents maintenant - alors que les prévisions économiques sont encore optimistes - que de remettre à demain un dénouement inévitable.

La stratégie de HSBC, dans cette période d’incertitude, est d’éviter le cash et de se détourner du marché de la dette souveraine et des produits liés à l’inflation. L’équipe leur préfère les obligations d’entreprises mais sur les investment grade, attention aux financières. Les high yield viennent de traverser une période exceptionnelle. Il est temps d’encaisser quelques profits et de prendre garde à leur forte corrélation avec les actions. Les obligations de bonne qualité des pays à forte croissance sont un excellent placement, surtout celles des pays dont la politique rigoureuse a de bonnes chances d’aboutir à une appréciation de la monnaie. La banque recommande des actions américaines en abondance, une bonne sélection d’actions européennes et EM et une stratégie sélective sur les matières premières esquivant les métaux industriels et favorisant l’or.

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Vendredi 1 Juillet 2011
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