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69% des CFO : l’application des IFRS a généré des impacts inattendus sur les comptes ou les ratios du groupe


Comment les entreprises cotées françaises gèrent-elles les IFRS ? Après la complexité des IFRS et les aspects politiques liés à la crise et à la juste valeur, place à la gestion quotidienne des IFRS dans les décisions opérationnelles, arrêté de comptes, lobbying et management des sociétés cotées !




Tel est l'objectif d'une grande enquête nationale lancée par PwC, en partenariat avec la DFCG, auprès des directeurs financiers.

Il en ressort que l’application des IFRS a très largement généré des impacts inattendus sur les comptes ou les ratios des groupes. En outre, bien que les projets de norme soient connus, l’analyse de leur impact spécifique sur les comptes et systèmes reste ponctuelle tant que la norme définitive n'est pas publiée, et le lobbying peu développé, les entreprises n'en ressentant pas le besoin.

Enfin, si les IFRS servent bien aussi de base au reporting interne, leur apport dans le management des entreprises est considéré comme faible et la promesse de "baisse du coût du capital" non tenue.

Des impacts inattendus et des effets contre-intuitifs liés à l’application des IFRS
Chez une large majorité des répondants (69 %), l’application des IFRS a généré des impacts inattendus sur les comptes ou les ratios du groupe ou encore des effets contre-intuitifs par rapport à ce que le management anticipait. En d’autres termes, des "surprises comptables" liées aux IFRS, rencontrées majoritairement lors de l’arrêté des comptes mais aussi lors de la prise de décisions stratégiques et opérationnelles. Celles-ci s'étaient concrétisées principalement par une volatilité du résultat ou des capitaux propres ou bien l’estimation délicate de la juste valeur. Dans une moindre mesure, les répondants se sont également faits surprendre par des déconnexions cash / résultat, des évaluations complexes ou encore des charges et produits inattendus.

Selon Daniel Bacqueroet, président de la DFCG et directeur financier de Brinks :« Depuis 5 ans, les normes IFRS et leurs évolutions ont bousculé nos habitudes; et, c’est une très bonne chose car les normes comptables françaises ont besoin d’évoluer! La mise en œuvre des IFRS a renforcé une appréhension plus économique de certains postes du bilan, mais a aussi provoqué des incompréhensions, des tensions ou des changements de stratégie pas systématiquement positifs ! ».

Au niveau des postes du bilan, les plus impactés sont à l’actif, les instruments financiers, suivis des incorporels et au passif les capitaux propres et l’endettement.
Quant aux opérations générant le plus d’impacts inattendus dans les comptes, ce sont principalement les couvertures, suivies de plus loin par les acquisitions et les plans de stock options. Dans presque la moitié des cas, ces "surprises" sont découvertes en période d’arrêté des comptes, par la direction financière.
Lorsque les sujets ont été découverts en période d’arrêté des comptes, l’entreprise n’a généralement pas fait de communication spécifique mettant en évidence l’impact inattendu dû aux IFRS. Par ailleurs, l’identification de ces cas provient essentiellement de l’application d’une procédure de contrôle interne ou de maîtrise des risques. Seule une minorité des identifications est due au hasard.

« Découvrir les surprises lors de la préparation des arrêtés de comptes, n'est pas satisfaisant. » indique Claude Lopater, associé PwC et membre du Collège de l’ANC. « Pour réduire ce risque de surprises, il est indispensable que les dirigeants opérationnels les anticipent en impliquant davantage en amont de leurs processus de décisions les directions comptables et financières ainsi que les commissaires aux comptes. Car une fois leurs décisions prises et les contrats signés, il est trop tard ! ».

Des évolutions de normes à anticiper toujours plus en amont
Chez 82 % des répondants, la Direction (DG, comité d’audit et CA) s’est déjà préoccupée de ces problèmes. Les projets IFRS sont majoritairement suivis par la Direction financière puis par la Direction de la consolidation. La veille IFRS est principalement assurée par les commissaires aux comptes puis par les revues comptables et les conférences annuelles de type « arrêtés des comptes » (comme la Journée IFRS du 22 octobre organisée par les Echos et PwC, en partenariat avec la DFCG).
Les projets en cours les plus suivis sont les contrats de location, la reconnaissance du revenu, la présentation des états financiers et les instruments financiers. Les simulations sont faites principalement sur les états financiers. Dans 68% des cas, une analyse ou un inventaire sont réalisés sur les contrats existants. Le mode projet est effectif pour plus du tiers des répondants. Les diagnostics sont majoritairement réalisés avec les commissaires aux comptes ou dans une moindre mesure, avec l’aide de conseils extérieurs.

Selon Philippe Audouin, membre du Directoire d'Eurazeo et vice-président de la DFCG : « Les entreprises sont aujourd'hui bien conscientes qu’elles doivent anticiper les projets de normes. Une analyse de l'impact possible des futures normes est indispensable, et doit être expliquée dans le cadre de la gouvernance de l'entreprise, notamment au comité d'audit. Mais il est difficile pour de petites équipes comptables de dédier ses collaborateurs pour suivre les projets de normes très en amont, voire pour répondre aux appels à commentaires. »

Et Daniel Bacqueroet d’ajouter : « d'autant que beaucoup d'entreprises ont aussi le sentiment que l'IASB ne prend pas suffisamment en compte les commentaires adressés et donc que le temps passé à répondre est un peu perdu. En France, l'ANC joue un rôle de relais actif vis-à-vis des instances européennes».

Toutefois, l’analyse des impacts des nouvelles normes est surtout ponctuelle. Chez 27% des répondants, il n’y a d’ailleurs pas d’analyse des impacts avant l’entrée en vigueur de la norme.
En outre, seuls 18% des répondants font du lobbying (pour la plupart en étant membres d’organisations professionnelles comme ACTEO ou dans leurs secteurs) et parmi ceux qui n’en font pas 82% ne ressentent pas le besoin d’en faire.

Selon Etienne Boris, Directeur général PwC France : "C'est au moment de prendre leurs décisions opérationnelles que les entreprises doivent anticiper les très nombreux projets IFRS afin d'éviter les surprises. Compte tenu des conséquences potentielles des nombreux projets de l'IASB, j'encourage les entreprises quelle que soit leur taille à exprimer leur conviction auprès de l'IASB, notamment en répondant aux projets de norme. Je reconnais que vu le nombre de projets, il est difficile pour une entreprise de s'engager sur tous les sujets; il faut donc choisir ses combats, les projets, voire une disposition particulière sur lesquelles on s'exprimera en raison d'un impact significatif sur ses comptes pouvant entrainer des conséquences de nature stratégique. Cette démarche nécessite d'avoir réalisé un diagnostic pour apprécier les impacts potentiels des normes à venir. L'ensemble de ces activités représentent une charge lourde et quelque fois complexe pour laquelle les commissaires aux comptes peuvent apporter une aide utile».

Un apport faible des IFRS dans le management des entreprises
Les IFRS sont bien intégrées dans les sociétés et servent majoritairement de base au reporting interne et à la communication financière.
Toutefois leur apport dans le management des entreprises reste faible :
- 66% des répondants ne sont pas plus sereins qu’avant en matière de prise en comptes de leurs risques du fait des IFRS ;
- 53% considèrent que leur performance managériale n’est pas bien reflétée ;
- 69% des répondants trouvent que les comparaisons avec leurs concurrents ne sont pas facilitées ;
- 82% pensent que le marché ne comprend pas mieux leur performance et leur situation financière qu’auparavant.
En outre, tous jugent que les IFRS n’ont pas fait baisser le coût du capital. Enfin, les éléments qui gênent le plus dans les IFRS sont l’évolution permanente des normes et leur complexité suivis par le rapport coût / avantages et les annexes trop longues.

Selon Daniel Bacqueroet : « Ces constats expliquent le manque d’investissement dans la formation, voire le scepticisme qu’affichent certains dirigeants d'entreprises vis-à-vis des IFRS. Il faut donc les aider et les former car l’application des normes IFRS - simplifiées ou non, mais établies de façon stable - est inéluctable, à moyen terme ».

Et Claude Lopater d'ajouter : « Il est vrai que la mouvance permanente du référentiel IFRS n’aide pas à voir les côtés positifs des IFRS en termes de comparabilité ou de communication financière ».

A propos de l’étude – « Comment les sociétés cotées gèrent-elles les normes IFRS ? »
L’étude a été réalisée par l’envoi d’un questionnaire auprès des directeurs financiers des sociétés cotées en France, en septembre 2010. Cinquante huit directeurs ont répondu. Presque la moitié des répondants sont cotés dans le compartiment C d’Euronext (vient ensuite le compartiment A pour 27% puis le B pour 22 %) dans des secteurs d’activité variés.

PwC & DFCG

Jeudi 21 Octobre 2010
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