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2009 en questions - Flash Marchés par Philippe Waechter, Natixis Asset Management


Fin 2008, Philippe Waechter Directeur de la Recherche Economique de Natixis Asset Management a développé des anticipations pour apporter des éléments de réponse aux différentes grandes problématiques macroéconomiques qui marqueront l’année 2009 : "Immobilier : acheter ou vendre ?", "Politiques restrictives ou accommodantes ?", "Croissance ou récession ?", "Déflation ou inflation ?", "Libre-échangisme ou protectionnisme ?"…




CROISSANCE OU RÉCESSION ?
Une récession reflète un repli significatif et durable de l’ensemble de l’activité économique. Aux Etats-Unis, le National Bureau of Economic Research effectue des mesures précises sur différents indicateurs afin d’appréhender l’ensemble du cycle économique en déterminant son point haut et son point bas (entre lesquels s’inscrit une récession). Pour une mesure plus conjoncturelle de la récession, la définition communément admise est celle de deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Attention : les deux mesures ne se recoupent pas forcément.

TAUX D’INFLATION : DES PICS OU DES CREUX ?
Le taux d’inflation mesure l’évolution des prix à la consommation entre les deux mêmes mois de deux années consécutives. Depuis le début des années 2000, la volatilité des taux d’inflation reflète essentiellement les évolutions des prix de l’énergie et des matières premières agricoles. Au printemps 2008, le taux d’inflation était encore élevé mais la baisse du prix des matières premières depuis l’été 2008 va avoir l’effet inverse. Les taux d’inflation vont diminuer et pourraient même être négatifs au printemps 2009 si le prix du pétrole reste très bas.

ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE : VIGUEUR OU ATONIE ?
La rupture de l’activité au 4e trimestre 2008 est un signal préoccupant qui indique l’entrée en récession de nombreux pays. La demande interne est nettement moins soutenue et les exportations s’infléchissent : elles ne sont plus un support aussi robuste pour la croissance. Une intervention massive s’impose pour amortir ces changements. La meilleure façon d’appréhender une modification de tendance sera de scruter l’évolution des enquêtes d’activité et, au sein de celles-ci, le profil des nouvelles commandes.

EMPLOI OU CHÔMAGE ?
La rupture sur l’activité économique se traduit (ou va se traduire) par une hausse du chômage. Le rythme d’ajustement diffère selon les pays. En France, on en a vu les premiers effets dès le printemps 2008 et, aux Etats-Unis, ce mouvement est particulièrement sensible depuis septembre 2008. En Allemagne, l’ajustement de l’emploi à l’activité est plus lent, mais une nette dégradation est attendue. L’emploi sera un indicateur à surveiller car il conditionne largement le changement de comportement des consommateurs.

IMMOBILIER : ACHETER OU VENDRE ?
Depuis le début des années 2000, l’immobilier a été un support de la croissance et de l’emploi. L’inversion de sa tendance a pénalisé un grand nombre d’économies en 2008 (aux Etats-Unis, en Angleterre et en Espagne) avec un impact fort sur l’emploi. En Chine, son net ralentissement a impacté l’ensemble des secteurs industriels travaillant en amont, tandis qu’en France, les ventes de logements neufs s’effondraient plus rapidement qu’aux Etats-Unis.
Le ralentissement du secteur va continuer de peser lourdement sur la conjoncture économique.

PRIX DE L’IMMOBILIER : UP OR DOWN ?
Le boom de l’immobilier avait entraîné une augmentation spectaculaire des prix. Des prix exagérés si on les compare au revenu moyen des ménages qui, de fait, sont de moins en moins solvables. Si ces prix ont déjà baissé aux Etats-Unis et en Angleterre, ils restent encore élevés. En France, l’ajustement n’a pas vraiment démarré mais aura lieu dans les prochains mois. Avec la baisse des prix, la valeur nette de l’immobilier peut devenir négative pour une partie de ceux qui ont investi dans la pierre en s’endettant, provoquant une hausse supplémentaire des taux de défaut.

INFLATION OU DÉFLATION ?
La conjoncture à fin 2008 peut se traduire par une réduction durable des tensions sur les prix, voire par une baisse des prix. Dans ce cas, l’attente d’un prix anticipé comme plus faible demain mine la conjoncture d’aujourd’hui. Cette situation de déflation n’est pas souhaitable. C’est pourquoi les autorités monétaire et budgétaire doivent soutenir la demande. L’adoption de politiques monétaires très accommodantes et de politiques budgétaires de relance va dans ce sens.

LIBRE-ÉCHANGISME OU PROTECTIONNISME ?
La tendance au protectionnisme pourrait constituer le danger majeur de 2009. Depuis le début de la crise (été 2007), la volonté de trouver des solutions globales et coordonnées est à l’oeuvre. Le risque est que, par lassitude face à la durée de la crise, ces solutions soient perçues comme inefficaces et que chacun souhaite trouver sa propre voie en étant tenté de s’isoler (dévaluations, augmentation des droits de douanes). Cela se traduirait immanquablement par une contraction supplémentaire de l’activité et par des tensions internationales accrues.

POLITIQUES MONÉTAIRES RESTRICTIVES OU ACCOMMODANTES ?
Depuis l’été 2007, les banques centrales ont adopté des stratégies accommodantes afin de contenir les turbulences des marchés financiers. Cela s’est traduit par des baisses de taux d’intérêt, mais aussi par un élargissement spectaculaire des apports de liquidités afin que les institutions financières puissent faire face à leurs engagements. Ces orientations vont être maintenues. Les taux d’intérêt vont encore baisser en zone euro et en Angleterre et le seuil de 1 % semble déjà en vue. une telle stratégie devrait limiter le risque de déflation.

POLITIQUES DE RELANCE : STOP OU ENCORE ?
Face à l’inflexion durable de la demande, les gouvernements commencent à mettre en avant des politiques budgétaires de relance. Ces mesures sont indispensables. Aux Etats-Unis, l’objectif du nouveau gouvernement n’est plus de subventionner la consommation mais de créer de nouveaux flux de revenus via des dépenses d’investissement en infrastructures. Le plan chinois s’inscrit dans la même logique afin de rééquilibrer le processus de croissance vers les consommateurs. En Europe, les plans sont de moindre ampleur.

CRISE FINANCIÈRE : HIER OU DEMAIN ?
L’aversion au risque conditionne encore fortement les choix des investisseurs ainsi que la sortie de crise. Aux Etats-Unis, elle se reflète dans les rendements sur les bons du Trésor qui sont proches de 0 %. En zone euro, les écarts de taux d’intérêt sont désormais très importants entre pays souverains, alors même que monnaie et politique monétaire y sont mises en commun. À ces facteurs de fragilité financière, s’ajoutent désormais l’incertitude économique et une augmentation spectaculaire des écarts de taux entre obligations d’entreprises et d’Etat.

DETTE PUBLIQUE : RÉDUCTION OU ÉLARGISSEMENT ?
Face à la situation économique et financière détériorée, les gouvernements ont adopté des politiques budgétaires plus souples. Les déficits publics s’accroissent, ainsi que les dettes publiques. L’urgence de la situation suppose que l’objectif des autorités doit être de financer dès à présent ce qu’elles paieront plus tard seulement. Cela provoquera une augmentation significative de la dette publique et des ratios Dette publique/PIB, qui vont progresser assez sensiblement en 2009-2010. La résorption de ces excès ne se fera que dans un second temps.

Rédigé par Philippe Waechter, Directeur de la Recherche économique de Natixis Asset Management

www.am.natixis.com

Lundi 2 Février 2009
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